Marjane Satrapi, l’artiste franco-iranienne connue dans le monde entier pour sa série de romans graphiques « Persepolis », est décédée à l’âge de 56 ans. Son entourage a fait savoir qu’elle s’était éteinte « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », selon un communiqué diffusé ce jeudi.
Née en Iran en 1969, Marjane Satrapi avait grandi à Téhéran avant de rejoindre l’Autriche à 14 ans, puis de s’installer à Paris en 1994. C’est dans la capitale française qu’elle avait écrit « Persepolis », une œuvre autobiographique en noir et blanc qui raconte son enfance et son adolescence pendant la révolution islamique et la guerre Iran-Irak. Publiée en anglais à partir de 2003, la série a été traduite dans de nombreuses langues et adaptée au cinéma en 2007.
Un compagnon de toujours
Mattias Ripa, économiste suédois né en 1972, avait rencontré Marjane Satrapi à Paris lors d’un échange universitaire. Mariés un an plus tard, ils ne s’étaient plus quittés. Il avait participé activement à tous ses projets, depuis le premier court-métrage d’animation réalisé alors qu’elle était encore étudiante aux Arts décoratifs de Strasbourg, jusqu’à la production et l’écriture de ses films. Il est décédé le 8 avril 2025, à 53 ans.
En février dernier, Marjane Satrapi avait annoncé la création de la « Fondation pour le cinéma Mattias et Marjane Ripa-Satrapi », destinée à soutenir des étudiants étrangers souhaitant étudier le cinéma à Paris. « Cette fondation est la suite logique de tout ce que mon mari et moi avons défendu toute notre vie », avait-elle écrit sur Instagram, ajoutant qu’elle souhaitait accompagner chaque année deux jeunes boursiers.
Un hommage de l’Élysée
La présidence de la République a réagi à ce décès par un communiqué, soulignant que la disparition de Marjane Satrapi marquait « la perte d’une figure majeure de la culture française et d’une artiste éprise de liberté, dont l’œuvre portait un message universel et lui a valu une immense reconnaissance internationale ». Le texte n’a pas précisé les circonstances exactes du décès.
Marjane Satrapi était également cinéaste : elle avait réalisé « Persepolis » en animation, ainsi que « The Voices » et « Radioactive ». Son travail a contribué à humaniser, pour des millions de lecteurs, le quotidien des Iraniens ordinaires.