L'autrice et dessinatrice franco-iranienne Marjane Satrapi est décédée à l'âge de 56 ans. La nouvelle a été confirmée par son entourage, qui a indiqué qu'elle était « morte de tristesse un peu plus d'un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l'amour de sa vie ».

Marjane Satrapi s'était fait connaître du grand public avec « Persepolis », une bande dessinée en quatre volumes publiée entre 2000 et 2003. L'ouvrage retrace son enfance et son adolescence à Téhéran, marquées par la révolution islamique de 1979 et les restrictions imposées par le nouveau régime théocratique. Contrainte à l'exil par ses parents, elle avait quitté l'Iran pour poursuivre sa vie en Europe.

Arrivée en France en 1994, elle avait obtenu la nationalité française en 2006. La même année, elle avait adapté « Persepolis » au cinéma sous la forme d'un long métrage d'animation en noir et blanc, coréalisé avec Vincent Paronnaud. Le film avait reçu le Prix du jury au Festival de Cannes et avait été nommé aux Oscars.

Marjane Satrapi était également une critique virulente du régime iranien. En 2025, elle avait refusé la Légion d'honneur française, dénonçant selon ses mots l'« hypocrisie » de la politique de la France vis-à-vis de l'Iran.

Un parcours artistique pluridisciplinaire

Au-delà de la bande dessinée, Marjane Satrapi avait exploré d'autres formes d'expression artistique. Elle avait réalisé plusieurs films, dont « Poulet aux prunes » (2011) et « The Voices » (2014), et avait également travaillé comme illustratrice. En 2024, elle avait conçu un triptyque de tapisseries pour les Jeux olympiques de Paris, dévoilé au Mobilier national.

Dans un entretien, elle avait confié que, dès l'âge de 10 ans, elle s'« entraînait à devenir une prisonnière politique », une phrase qui illustrait l'atmosphère oppressante de l'Iran post-révolutionnaire dans lequel elle avait grandi.

Son œuvre, traduite dans de nombreuses langues, a marqué des générations de lecteurs et de spectateurs par son regard à la fois personnel et universel sur l'exil, la liberté et la résistance face à l'autoritarisme.