L'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, mondialement connue pour sa bande dessinée « Persepolis », est décédée à l'âge de 56 ans. La nouvelle a été confirmée jeudi 4 juin par son entourage. Sa disparition intervient un an après celle de son époux.

L'hommage de l'Élysée

Emmanuel Macron a salué la mémoire de celle qu'il a qualifiée « d'immense artiste ». Dans un communiqué, le président de la République a estimé que Marjane Satrapi avait « transformé une enfance iranienne en fable universelle ». Il a également souligné qu'elle était « une artiste éprise de liberté », reprenant une expression employée par la présidence pour évoquer son parcours. La cheffe de l'État a ainsi rendu un hommage appuyé à une figure qui avait su, par son œuvre, toucher un large public au-delà des frontières.

Un parcours marqué par l'exil et la création

Née en Iran, Marjane Satrapi avait quitté son pays après la révolution islamique. Elle s'était installée en France, où elle avait fait carrière dans le dessin et le cinéma. « Persepolis », son récit autobiographique en bande dessinée, publié en plusieurs volumes à partir des années 2000, raconte son enfance à Téhéran, puis son exil. L'œuvre, adaptée au cinéma en 2007 sous la forme d'un film d'animation en noir et blanc, a reçu de nombreuses distinctions, dont le Prix du jury au Festival de Cannes. Elle est devenue un classique de la bande dessinée mondiale.

Une artiste aux multiples talents

Au-delà de « Persepolis », Marjane Satrapi avait réalisé d'autres films, comme « Poulet aux prunes » (2011) ou « Radioactive » (2019), un biopic sur Marie Curie. Elle avait également mis en scène des opéras et continué à publier des dessins et des ouvrages. Son travail, souvent ancré dans des thèmes politiques et historiques, reflétait son engagement pour la liberté d'expression et les droits des femmes. Son décès suscite une vague d'émotion dans le monde de la culture.

Des réactions unanimes

De nombreuses personnalités du monde artistique et politique ont exprimé leur tristesse. Les hommages soulignent la portée universelle de son œuvre et son courage. « Elle a su, avec un trait puissant et une narration sensible, raconter l'histoire de tout un pays à travers son propre regard », a résumé un représentant du milieu de la bande dessinée. Les réactions rappellent que « Persepolis » reste une référence incontournable pour comprendre l'histoire contemporaine de l'Iran vue par une femme.