Appel interjeté par le condamné
Reconnu coupable du meurtre de Jonathan Coulom, un garçonnet de 10 ans assassiné en 2004 à Plérin, Martin Ney a décidé de contester la décision des jurés. Selon des informations concordantes, l’homme de nationalité allemande a formé un recours contre l’arrêt de la cour d’assises des Côtes-d’Armor, qui l’avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. La procédure d’appel ouvre ainsi la voie à un second procès devant la cour d’assises d’appel, dont la date n’a pas encore été fixée.
Un verdict lourd de sens
Le 4 juin 2026, la cour d’assises avait suivi les réquisitions du ministère public en infligeant la peine maximale à Martin Ney, âgé de 55 ans. Les débats avaient mis en lumière son parcours criminel : déjà condamné en Allemagne pour des agressions sexuelles sur de jeunes garçons et soupçonné de plusieurs autres homicides, il a été décrit lors des audiences comme un « professionnel du crime » par les parties civiles. L’affaire, marquée par l’émotion des proches de la victime et l’attention médiatique, a ravivé les traumatismes autour de la disparition de l’enfant, retrouvé sans vie dans un bois après avoir été enlevé de son dortoir.
Un dossier complexe
L’enquête, qui a duré près de vingt ans, a bénéficié des progrès de la police technique et scientifique. L’ADN de Martin Ney avait été identifié sur des scellés, permettant de relier l’Allemand au crime. Durant le procès, ce dernier avait nié toute implication, malgré les preuves matérielles et les témoignages accablants. Un ancien camarade de Jonathan Coulom avait notamment affirmé avoir aperçu un homme rôdant dans le dortoir le soir des faits, un détail qui a pesé dans la conviction des jurés.
Une procédure d’appel attendue
L’annonce de l’appel était prévisible pour les observateurs, Martin Ney ayant toujours contesté les charges retenues contre lui. Ce recours prolonge le chemin judiciaire, offrant la possibilité à la défense de tenter d’obtenir une révision du verdict. Pour la famille de Jonathan Coulom, cette nouvelle étape représente une épreuve supplémentaire, après des années de combat pour faire reconnaître la culpabilité de l’accusé. Les avocats de la partie civile n’ont pas encore réagi publiquement à cette décision.
Contexte judiciaire élargi
Martin Ney, surnommé en Allemagne « l’homme au costume sombre » en raison de son mode opératoire, purge déjà une peine de prison dans son pays pour des faits similaires. Son extradition vers la France avait été autorisée en 2023 afin qu’il puisse être jugé pour le meurtre de Jonathan Coulom. L’affaire a mis en lumière les difficultés de coopération judiciaire transfrontalière en matière de pédocriminalité et de crimes sériels.