Interrogé dans le cadre de l’enquête sur la mort de Jonathan Coulom, Martin Ney, un criminel allemand purgeant une peine de prison pour des faits similaires, a catégoriquement nié toute implication. «Je n’ai rien à voir avec cette affaire», a-t-il déclaré, selon des sources proches de l’enquête, alors que les similitudes entre le décès du jeune Français et ses crimes précédents suscitent l’attention des enquêteurs.

Le corps de Jonathan Coulom, 16 ans, avait été découvert en 2004 dans un bois de la région nantaise, plusieurs jours après sa disparition du centre d’accueil pour adolescents où il résidait. L’autopsie avait mis en évidence une asphyxie mécanique. Pendant près de deux décennies, le dossier est resté sans suspect clairement identifié.

Un profil criminel qui interroge

Martin Ney, surnommé «le tueur au costume sombre», purge actuellement une peine de prison à vie en Allemagne pour le meurtre de plusieurs adolescents et jeunes garçons. Ses crimes, commis entre 1992 et 2004 dans le nord de l’Allemagne, présentaient des similarités avec le mode opératoire observé dans l’affaire Coulom : intrusion nocturne dans des dortoirs ou chambres individuelles, strangulation et absence de mobile sexuel apparent.

Les enquêteurs français, qui ont sollicité l’assistance judiciaire de leurs homologues allemands, ont relevé que le décès de Jonathan Coulom s’inscrit dans la même période que les dernières victimes connues de Martin Ney. Les trajets possibles entre l’Allemagne et la France, ainsi que la proximité de la région nantaise avec des axes de transport, font partie des éléments examinés.

Un témoignage clé contesté

Un camarade de dortoir de Jonathan Coulom a affirmé, au cours des auditions récentes, avoir aperçu un homme près des bâtiments du centre la nuit de la disparition. Ce témoignage, qui avait été recueilli dès 2004 mais jugé flou à l’époque, a été réévalué à la lumière des éléments recueillis sur Martin Ney. L’enquête n’a toutefois pas permis d’établir de lien formel entre cette présence nocturne et le détenu allemand.

La défense de Martin Ney, qui conteste fermement sa participation à ce crime, s’appuie sur l’absence de preuve matérielle directe reliant son client à la Loire-Atlantique. Aucun ADN, aucune trace papillaire ou objet appartenant au suspect n’a été retrouvé sur la scène de crime ou sur le corps de la victime.

Des investigations en cours

Les autorités judiciaires françaises poursuivent leurs investigations, avec le soutien des services allemands. La coopération transfrontalière permet désormais de confronter les scellés, les relevés téléphoniques et les emplois du temps de Martin Ney au moment des faits. Une commission rogatoire internationale a été délivrée pour obtenir le maximum d’éléments sur les déplacements potentiels de l’homme condamné.

L’entourage de Jonathan Coulom, qui a attendu plus de vingt ans des réponses, suit ces développements avec une attention mêlée d’espoir et de prudence. Les proches du jeune homme avaient à plusieurs reprises dénoncé des négligences dans le suivi de l’enquête initiale.

Un possible procès en France ?

Si les investigations établissaient la culpabilité de Martin Ney dans la mort de Jonathan Coulom, la question de l’extradition ou de la tenue d’un procès en France se poserait. Le criminel, condamné en Allemagne à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté particulièrement longue, pourrait être poursuivi sur le sol français si la juridiction compétente le décidait. Pour l’heure, les enquêteurs restent dans une phase de vérification et de recoupement, sans perspective immédiate de mise en examen.