Meta a sérieusement envisagé de mettre la main sur Kalshi, l'une des principales plateformes de paris prédictifs aux États-Unis, avant d'opter pour le développement de sa propre application, Arena. Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, a rencontré le patron de Kalshi l'année dernière afin de discuter d'un éventuel rachat. Les négociations n'ont toutefois pas abouti, et l'idée d'une acquisition a été abandonnée.
Les discussions, qui se sont tenues à un haut niveau, portaient sur une transaction qui aurait permis à Meta de s'implanter directement sur le marché des paris basés sur l'actualité – un secteur en plein essor. Mais les deux parties ne sont pas parvenues à un accord sur les termes financiers ou sur la gouvernance, et le projet de rachat a échoué. Depuis, le géant de la tech a changé de stratégie : plutôt que d'acheter un acteur existant, il construit son propre outil.
Arena, l'alternative maison
Meta travaille depuis plusieurs mois sur Arena, une application de paris prédictifs qui permettra aux utilisateurs de miser sur l'issue d'événements d'actualité – élections, décisions politiques, résultats sportifs, etc. Contrairement à des concurrents comme Polymarket ou Kalshi, Arena ne reposera pas sur des mises en argent réel : les paris se feront avec des jetons virtuels, une approche qui vise à contourner les obstacles réglementaires liés aux jeux d'argent.
Le choix de développer en interne plutôt que d'acquérir s'explique en partie par les difficultés rencontrées avec Kalshi. Mais il reflète aussi la volonté de Zuckerberg de contrôler entièrement l'expérience utilisateur et de l'intégrer à l'écosystème Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp).
Partenariats en ligne de mire
Parallèlement, Meta ne ferme pas la porte à une collaboration avec les plateformes existantes. Le dirigeant pousse ses équipes à explorer des partenariats avec Polymarket et Kalshi pour intégrer leurs flux de données ou leurs fonctionnalités dans Arena. L'objectif est d'enrichir l'offre de l'application sans pour autant renoncer à son indépendance.
Ces discussions, bien que moins avancées que ne l'étaient les négociations d'acquisition, montrent que Meta cherche à s'imposer sur ce marché sans s'aliéner les acteurs historiques. Pour Kalshi, qui a bénéficié d'une reconnaissance réglementaire aux États-Unis, un partenariat avec Meta pourrait représenter une opportunité de gagner en visibilité, à condition que les conditions soient acceptables.
Un marché en pleine effervescence
Le secteur des paris prédictifs connaît une croissance rapide, porté par l'intérêt pour les événements politiques et sportifs, ainsi que par la légalisation progressive des paris sportifs dans plusieurs États américains. L'entrée de Meta, avec ses milliards d'utilisateurs, pourrait bouleverser un écosystème encore dominé par des start-up comme Polymarket et Kalshi.
L'échec de l'acquisition de Kalshi n'a donc pas freiné les ambitions de Zuckerberg. Au contraire, il a accéléré le développement d'Arena, dont le lancement est attendu dans les prochains mois. Reste à savoir si cette application virtuelle parviendra à capter l'attention d'un public habitué aux mises réelles des plateformes concurrentes.