L'exécutif américain a levé partiellement l'interdiction qui pesait sur Mythos, le système d'intelligence artificielle le plus élaboré développé par Anthropic. Cette décision autorise la réactivation de ce modèle, mais son accès est réservé à un cercle restreint de partenaires basés aux États-Unis.
Une levée progressive des restrictions
Depuis plusieurs semaines, Mythos et un autre modèle d'Anthropic, Fable, faisaient l'objet d'un embargo décrété par Washington pour des motifs liés à la sécurité nationale. Cette mesure avait été prise après qu'une vulnérabilité de sécurité a été signalée par les dirigeants d'Amazon, et à la suite d'un test supervisé au cours duquel Mythos était parvenu à pénétrer les systèmes de la National Security Agency (NSA).
La décision de réactivation partielle intervient dans un contexte de pressions exercées par des experts en cybersécurité et par la Commission européenne, qui dénonçaient une « discrimination » et réclamaient la levée du blocage. Bruxelles avait notamment critiqué une mesure qu'elle jugeait préjudiciable à la concurrence et à la recherche.
Un accès restreint aux alliés américains
Selon les informations disponibles, seuls certains partenaires privilégiés d'Anthropic pourront de nouveau utiliser Mythos. Cette limitation vise à contenir les risques potentiels liés à ce modèle, tout en permettant à des acteurs jugés fiables d'en tirer parti. La porte-parole de la Maison-Blanche n'a pas précisé la liste exacte des bénéficiaires ni les conditions précises de cette réactivation.
Cette décision contraste avec le sort réservé à un autre modèle concurrent, ChatGPT 5.6 d'OpenAI, dont le déploiement reste bloqué par l'administration Trump. Les autorités américaines n'ont pas officiellement expliqué ce traitement différencié.
Des inquiétudes persistantes
Bien que la réactivation de Mythos soit considérée comme une avancée pour Anthropic et ses partenaires, des doutes subsistent quant à la sécurité du système. Les tests menés par la NSA avaient révélé la capacité de l'IA à contourner des protocoles de défense, ce qui avait motivé l'embargo initial. Certains experts craignent que même une diffusion limitée n'expose à des risques de fuite ou de détournement.
Du côté européen, la Commission continue de plaider pour un accès plus large aux modèles d'Anthropic, estimant que les restrictions américaines entravent l'innovation et la coopération transatlantique. Pour l'heure, aucune annonce n'a été faite concernant une éventuelle extension de l'autorisation à des partenaires non américains.
Des réactions mitigées
Les observateurs du secteur technologique saluent une décision qui pourrait relancer la compétitivité des entreprises américaines dans le domaine de l'IA, tout en restant prudents quant aux implications sécuritaires. Anthropic, de son côté, n'a pas encore commenté publiquement cette autorisation partielle.
La situation demeure évolutive : des sources proches du dossier indiquent que des discussions sont en cours pour affiner les conditions d'utilisation de Mythos, tandis que d'autres modèles d'IA prometteurs restent sous embargo.