Kiev a entamé une journée de deuil ce vendredi, au lendemain de l’offensive la plus meurtrière jamais menée par la Russie contre la capitale ukrainienne depuis le début du conflit. Selon les autorités locales, l’attaque massive de la veille a coûté la vie à au moins trente personnes et en a blessé plus de quatre-vingt-dix. Le chef de l’administration militaire de Kiev, Tymur Tkachenko, a indiqué que ces bilans pourraient encore s’alourdir à mesure que les opérations de secours se poursuivent.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a qualifié cette frappe de « plus massive attaque de l’ennemi contre la capitale ». Les dégâts matériels sont considérables : environ cent trente bâtiments ont été endommagés, selon les premiers relevés. L’organisation humanitaire Croix-Rouge ukrainienne a également annoncé que son entrepôt d’aide a été touché, entraînant la destruction de trois cent vingt mille articles de secours. Elle a prévenu que cette perte affecterait « les interventions d’urgence et les opérations humanitaires dans toute l’Ukraine ».
Nouvelles frappes dans la nuit Parallèlement, les forces russes ont poursuivi leurs bombardements durant la nuit de jeudi à vendredi. Dans la région de Soumy, frontalière de la Russie, un drone a frappé une maison, tuant deux femmes, un homme âgé et une fillette de moins de deux ans. Dans la ville natale du président ukrainien, Kryvyi Rih, une frappe de missile a blessé sept personnes. Ces nouveaux bilans portent à au moins quatre le nombre de morts supplémentaires en vingt-quatre heures.
Le président Volodymyr Zelensky a écourté une visite officielle en Irlande après l’attaque de jeudi. Dans une vidéo diffusée sur son compte, il a estimé que « davantage de vies auraient pu être sauvées » si certains moyens de défense avaient été disponibles, sans préciser davantage. Ses déclarations interviennent alors que la communauté internationale redouble d’appels à renforcer l’aide militaire à l’Ukraine.
Un contexte d’escalade persistante Cette nouvelle vague de frappes intervient après plusieurs jours d’échanges intenses entre les deux camps. La semaine dernière, l’Ukraine avait lancé une attaque de drones sans précédent sur Moscou, visant notamment une raffinerie de pétrole. En Crimée, une frappe ukrainienne avait fait au moins quatre morts. Les autorités russes n’ont pas commenté ces dernières frappes sur Kiev et la région de Soumy.
Les organisations humanitaires, dont la Croix-Rouge, tirent la sonnette d’alarme face à l’ampleur des destructions. Le sinistre de l’entrepôt de Kiev compromet la distribution d’aide dans plusieurs zones du pays, déjà éprouvées par les combats. Les équipes de secours continuent de déblayer les décombres dans la capitale, où les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises au cours des dernières heures.