Les désaccords entre Washington et Téhéran persistent sur plusieurs points essentiels alors que la fenêtre de soixante jours fixée pour un accord final se referme lentement. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a démenti les allégations de la Maison-Blanche selon lesquelles l’Iran aurait accepté le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur son sol. Aucune réunion avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, n’est prévue, a-t-il précisé, ajoutant que les relations avec l’organisme onusien seraient régies par les procédures existantes, les obligations de sauvegarde de l’Iran, la législation parlementaire et les décisions du Conseil suprême de sécurité nationale. Téhéran a suspendu toute coopération avec l’AIEA depuis les frappes américaines et israéliennes sur ses installations nucléaires en juin 2025.

Sur la scène militaire, le général Ahmad Reza Pourdastan, responsable du Centre d’études stratégiques et de recherche de l’armée iranienne, a annoncé que l’Iran avait abandonné sa posture strictement défensive pour inclure des opérations préemptives dans sa stratégie. « Nous pouvons sévèrement surprendre l’ennemi », a-t-il déclaré, selon l’agence Fars, ajoutant qu’une grande partie des capacités militaires du pays n’avaient pas encore été utilisées.

Contrôle du détroit d’Ormuz

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que l’Iran ne serait pas autorisé à percevoir des péages dans le détroit d’Ormuz dans le cadre d’un accord final, insistant sur la nécessité de maintenir cette voie maritime stratégique ouverte à la navigation internationale. Cette déclaration intervient alors que les deux camps campent sur des positions divergentes sur le statut du détroit, un enjeu crucial pour le commerce pétrolier mondial.

Sénat américain : limitation des pouvoirs de guerre

Au Congrès américain, le Sénat a adopté une résolution visant à restreindre la capacité du président Donald Trump à engager des opérations militaires contre l’Iran sans approbation préalable. Cette décision, qui reflète les inquiétudes de certains élus quant à une escalade régionale, intervient alors que les négociations diplomatiques patinent et que les menaces de représailles réciproques se multiplient.

Un calendrier jugé irréaliste

Charles Kupchan, chercheur principal au Council on Foreign Relations, estime qu’il est « impossible » pour les États-Unis et l’Iran de finaliser un accord dans le délai de soixante jours évoqué par la Maison-Blanche. « Nous parlons au moins de l’année prochaine », a-t-il analysé, ajoutant qu’il ne serait pas surpris que les deux parties cherchent simplement à « faire passer le temps » en poursuivant les négociations sans conclure d’accord définitif avant la fin du mandat de Donald Trump.

Redémarrage du GNL qatari

Dans un registre économique, le Premier ministre du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, a indiqué que la production de gaz naturel liquéfié (GNL) de son pays pourrait revenir à la normale dans un délai de quelques semaines, une annonce qui pourrait contribuer à apaiser les tensions sur les marchés énergétiques liées au conflit.