Manifestations croissantes contre l'accord en cours
Alors que la signature formelle du mémorandum de compréhension (MoU) entre les États-Unis et l'Iran doit avoir lieu vendredi, des tensions politiques s'accentuent dans la République islamique. Des factions ultraconservatrices, qui étaient restées relativement discrètes pendant la majeure partie du conflit, mènent désormais une campagne vocale contre les termes de l'accord, dont le contenu n'a pas été divulgué dans son intégralité. Elles accusent l'équipe de négociation de recul et de trahison.
Ces oppositions ne se limitent plus aux déclarations et aux discours. Elles se sont répandues dans la rue, où des groupes de partisans du régime ont organisé des rassemblements de protestation. Des manifestations ont eu lieu notamment devant une annexe du ministère des Affaires étrangères à Machhad, et une colère similaire a été observée dans la capitale.
Selon des vidéos et des images diffusées par des médias locaux, des manifestants rassemblés à la place Ibn Sina de Téhéran ont scandé des slogans réclamant la démission du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, tous deux perçus comme les principaux négociateurs avec Washington. Certains protestataires auraient même proféré des appels à la violence contre ces deux responsables.
Critiques parlementaires et craintes d'affaiblissement
Cette mobilisation de rue est renforcée par les critiques formulées par des figures ultraconservatrices du Parlement iranien. Mahmoud Nabavian, vice-président de la commission de la sécurité nationale et proche du Front Paydari (un petit parti ultra-conservateur), a publiquement attaqué le processus de négociation. La contestation émane aussi de la direction du Parlement, où l'émissaire du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, au sein de la Commission de sécurité nationale, a également pris la parole contre l'accord.
Pour ces ultraconservateurs, l'enjeu dépasse la simple politique étrangère : ils craignent que l'accord ne redessine l'équilibre des pouvoirs internes en Iran, en faisant passer la politique iranienne d'une posture de défi maximal à des compromis. Les analystes estiment que les manifestations sont une tentative de la part des durs de montrer qu'ils comptent encore et qu'ils ne se laisseront pas marginaliser par une normalisation diplomatique.
Un processus entravé par la méfiance
Par ailleurs, les négociations entre l'Iran et les États-Unis se heurtent à des obstacles liés à la complexité du processus de paix. Les deux parties peinent à s'accorder sur les modalités précises du désarmement et de la levée des sanctions. Les divergences de fond subsistent, notamment sur le calendrier de mise en œuvre et les mécanismes de vérification.
Selon plusieurs sources proches des discussions, le modèle de l'accord final s'apparenterait à un « mariage sans anneau », selon l'expression d'analystes : une entente sans engagement formel irréversible, où chaque camp conserve des marges de manœuvre et des prérogatives. Ce caractère fragile explique en partie l'inquiétude des ultraconservateurs, qui redoutent une perte d'influence à la fois sur la scène régionale et dans l'appareil d'État iranien.