Un protocole d'accord a été conclu entre les États-Unis et l'Iran, mettant fin à près de quatre mois d'hostilités, mais le chemin vers une paix durable reste semé d'embûches. Les négociations, qui ont abouti à cette entente dimanche, ont été particulièrement lentes et complexes en raison du recours à un réseau d'intermédiaires et de coursiers, chargés de transmettre physiquement les messages entre les deux capitales, selon des informations concordantes.

Un processus de négociation atypique

Contrairement à des pourparlers directs, les échanges entre Washington et Téhéran ont été facilités par un système de messagers, ce qui a considérablement allongé les délais. Ce dispositif, mis en place pour contourner l'absence de relations diplomatiques directes, a impliqué plusieurs pays médiateurs et des canaux de communication indirects. Chaque proposition et contre-proposition devait être transportée manuellement, ajoutant une couche de complexité à un dossier déjà très sensible.

Les termes de l'accord et les défis immédiats

L'accord prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport pétrolier, qui était fermée depuis le début du conflit le 28 février. En échange, les États-Unis lèveront le blocus naval imposé aux ports iraniens, qui asphyxiait l'économie du pays. Le président américain a indiqué que les navires commençaient déjà à transiter à nouveau par le détroit, une mesure destinée à stabiliser les marchés énergétiques mondiaux.

Cependant, de nombreuses questions essentielles restent en suspens et devront être discutées lors d'une prochaine phase de négociations, qui devrait durer 60 jours. Parmi elles figurent l'avenir du programme nucléaire iranien, le sort des sanctions américaines et le déblocage des actifs iraniens gelés à l'étranger. Téhéran réclame également le paiement d'un droit de passage pour les navires traversant le détroit d'Ormuz, une exigence rejetée par les États-Unis et une grande partie de la communauté internationale.

Les réactions mitigées à Téhéran

Dans les rues de Téhéran, l'annonce de la trêve suscite un scepticisme marqué. De nombreux Iraniens doutent de la capacité de l'accord à améliorer concrètement leur quotidien. « Je pense que l'accord n'apporte pas d'avantages majeurs pour la population, car il ne sera pas vraiment appliqué en totalité pour stabiliser nos vies », a confié Parisa, une étudiante de l'université de Téhéran ayant requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. « Cela pourrait fonctionner pour l'instant, mais les deux parties le compromettront en fonction de leurs intérêts. »

Un autre habitant, Mehdi, a exprimé son pessimisme quant à la pérennité du cessez-le-feu, en raison du nombre de points de discorde non résolus. « Je ne pense pas que les États-Unis soient prêts à accepter ne serait-ce que la moindre des revendications de l'Iran », a-t-il déclaré.

Les Iraniens conditionnent la réussite d'un accord à long terme à la levée des sanctions américaines et onusiennes, qui ont appauvri le pays et isolé ses entreprises des marchés mondiaux. La question des avoirs gelés, estimés à plusieurs milliards de dollars, reste également un sujet de friction majeur.

Les obstacles persistants

Plusieurs facteurs pourraient faire échouer le processus de paix. L'un des principaux est l'opposition d'Israël, qui n'a pas été directement impliqué dans les négociations. Alors que le cadre de l'accord semblait se préciser, Israël a poursuivi ses frappes au Liban contre le Hezbollah, allié de l'Iran, risquant de faire capoter les pourparlers. Le ministre israélien de la Défense a indiqué que les attaques se poursuivraient tant qu'Israël se considérerait menacé.

Par ailleurs, les négociateurs des deux côtés pourraient interpréter les termes de l'accord préliminaire de manière différente, ce qui pourrait engendrer des désaccords lors des discussions finales. Les partisans de la ligne dure en Iran, qui prônent une position plus inflexible, sont également susceptibles de critiquer toute concession perçue.

Les motifs d'espoir

Malgré ces obstacles, plusieurs éléments incitent à un optimisme prudent. Les deux parties ont un intérêt commun à rouvrir le détroit d'Ormuz pour stabiliser l'économie mondiale et apaiser les marchés financiers. Les stocks d'armes des deux camps se sont considérablement épuisés après des mois de combats. Selon des données, l'Iran a lancé plus de 1 500 missiles et 4 700 drones depuis le début du conflit.

Enfin, le président américain, dont la cote de popularité a atteint des niveaux historiquement bas, est perçu comme désireux de pouvoir déclarer une victoire diplomatique avant les élections de mi-mandat. Des experts estiment que les deux camps sont parvenus à un point où ils peuvent tous deux revendiquer un succès.