L'annonce d'une percée dans les négociations entre les États-Unis et l'Iran, après plus de cent jours de guerre débutée fin février par des frappes américano-israéliennes sur Téhéran, suscite des réactions prudentes. Les observateurs comparent la situation à un mariage dont la cérémonie a eu lieu, mais où l'anneau n'a pas encore été passé au doigt.
L'accord, qui met fin aux hostilités pour l'instant et ouvre une phase de soixante jours de pourparlers, a été salué dans une région en quête de stabilité. Les États du Golfe, qui ont subi des frappes iraniennes contre des infrastructures militaires américaines sur leur sol, peuvent souffler après des mois d'incertitude. Le Liban, malgré l'occupation israélienne de près d'un cinquième de son territoire, entrevoit une lueur d'espoir. Sur le plan économique, la réouverture du détroit d'Ormuz et la baisse des prix du pétrole ont rassuré les marchés mondiaux.
Des points majeurs repoussés
Le texte intégral de l'accord, qui doit être officiellement signé vendredi à Genève, n'est pas encore rendu public. Les informations qui filtrent, souvent indirectes, sont contradictoires. Selon l'agence de presse iranienne Mehr, le projet d'accord prévoit une période de soixante jours pour parvenir à un règlement définitif sur le programme nucléaire de Téhéran, notamment le sort de son stock de 440 kilogrammes d'uranien hautement enrichi. Durant cette même période, 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés seraient libérés. Les États-Unis n'ont confirmé aucun de ces éléments.
L'agence Mehr ajoute que les discussions concernant le programme de missiles iraniens et le soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux ont été retirées de l'ordre du jour des négociations, malgré les demandes américaines formulées au début du conflit.
Des défis politiques de taille
Pour les analystes, le principal défi n'est pas tant ce qui a été convenu que ce qui a été différé. Les négociateurs devront affronter des questions qui empoisonnent les relations américano-iraniennes depuis des décennies. Si un compromis technique est possible, l'obstacle majeur reste politique. La crédibilité des deux parties est en jeu, et la fenêtre de soixante jours est jugée très courte pour résoudre des différends aussi profonds.
L'atmosphère reste tendue. Le président Donald Trump a averti que « l'enfer se déchaînera » si l'Iran obtenait l'arme nucléaire. De son côté, Téhéran a prévenu que l'occupation israélienne au Liban constituerait une violation de tout accord avec les États-Unis.
Des espoirs fragiles
L'émir du Qatar a salué l'accord et mis en avant les investissements américains lors d'une rencontre avec Donald Trump. Pourtant, les réserves demeurent. La possibilité qu'Israël sabote l'accord est évoquée par des experts. Par ailleurs, la question de savoir si l'accord permettra de débloquer un fonds d'investissement de 300 milliards de dollars pour Téhéran reste en suspens.
En somme, l'accord actuel est perçu comme une trêve, un cadre pour des négociations bien plus complexes à venir. Les prochains jours diront si les deux parties parviennent à transformer cette lune de miel diplomatique en un mariage durable.