Les autorités du district de Chaoyang, qui administre l'est de Pékin, ont publié samedi un communiqué officialisant le bilan de l'accident survenu la veille. Un aéronef biplace et monomoteur à usage sportif a percuté un gratte-ciel du quartier d'affaires, près de la tour CITIC, le 26 juin à 17h55, heure locale. Le communiqué précise que le pilote est décédé et que 13 personnes ont été blessées, toutes prises en charge médicalement. Les causes de l'accident sont en cours d'investigation.

L'impact a provoqué un trou apparent dans la façade est de l'immeuble, toujours visible dimanche matin. Un petit derrick dépassait du bord supérieur de la brèche, ce qui n'était pas le cas la veille. La police avait mis en place un périmètre de sécurité de plusieurs pâtés de maisons autour du site, avec cinq véhicules de police stationnés à l'angle nord-est, dont trois avec leurs gyrophares allumés.

Selon les données de suivi de vols, l'appareil avait décollé d'un aérodrome du district de Pinggu, à environ trente miles (une cinquantaine de kilomètres) à l'est du gratte-ciel, à 17h31. Il a d'abord survolé la zone puis s'est dirigé vers l'ouest en direction du centre-ville. Les enregistrements des trois derniers mois montrent que tous les vols précédents de cet avion étaient cantonnés au district de Pinggu, ce qui rend sa trajectoire inhabituelle et interroge sur la possibilité de pénétrer sans entrave dans l'espace aérien central de Pékin, pourtant strictement réglementé.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux après l'impact montraient des débris et des parties de l'avion tombant sur les rues environnantes. Des photos de ces débris laissaient apparaître un modèle d'aéronef léger, pouvant correspondre à un appareil immatriculé auprès de Shuangyue General Aviation, un prestataire régional de formation au pilotage basé dans l'est de la ville. Aucun nom n'a été officiellement attribué au pilote par les autorités, et des allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles il s'agirait d'un employé de CITIC n'ont pu être vérifiées. Un représentant du groupe CITIC a refusé de répondre aux questions.

L'accident s'est produit à moins de huit kilomètres du siège du Parti communiste chinois, à Zhongnanhai, par un temps ensoleillé et calme, loin de tout aéroport. La Chine contrôle très strictement son espace aérien, interdisant notamment les drones, les pigeons voyageurs et les cerfs-volants lors des événements importants. La capacité d'un petit avion à voler jusqu'au cœur de la capitale sans être intercepté soulève des interrogations sur les mesures de sécurité aérienne mises en place.