Les électeurs du Maine sont appelés aux urnes ce mardi pour les primaires, avec un enjeu national : départager le candidat démocrate au Sénat, Graham Platner, affaibli par des révélations, et la gouverneure Janet Mills, candidate de l’aile modérée du parti. Le duel qui s’annonce pour l’automne entre M. Platner et la sénatrice républicaine sortante, Susan Collins, est considéré comme l’un des plus déterminants pour le contrôle de la chambre haute du Congrès.

M. Platner, un ancien militaire devenu ostréiculteur, avait su incarner une dynamique populiste et anti-establishment, le propulsant en tête des intentions de vote bien avant le scrutin. Cette avance avait même conduit la gouverneure Mills à se retirer de la course il y a plusieurs mois. Cependant, sa campagne est depuis rattrapée par plusieurs polémiques.

Des controverses à répétition

Le candidat a été confronté à la mise en lumière, au début de sa campagne, d’un tatouage sur sa poitrine reconnu comme un symbole nazi. Il s’est excusé pour cette marque, affirmant en ignorer la signification et l’avoir depuis recouverte. Par ailleurs, d’anciens messages sur les réseaux sociaux contenant des propos jugés offensants envers les femmes et sur le viol ont refait surface. Sur ces deux sujets, M. Platner a présenté des excuses.

La polémique la plus récente a éclaté la semaine dernière, lorsque d’anciennes compagnes ont livré des témoignages rapportés par plusieurs médias. Elles décrivent un comportement jugé troublant et, dans certains cas, physiquement menaçant. M. Platner a fermement nié toute violence et a réaffirmé son intention de rester dans la course, tout en refusant de se retirer.

Un soutien partisan sous condition

Face à ces révélations, une partie des figures du Parti démocrate a pris ses distances, tandis que d’autres appellent à la prudence. La gouverneure Mills, qui est officiellement toujours candidate sur le bulletin de vote, a rappelé aux électeurs qu’elle restait une option possible pour la primaire.

Les observateurs politiques estiment que l’affluence et le score de M. Platner ce mardi serviront de baromètre. Une faible mobilisation ou un score décevant seraient interprétés comme un signe que les électeurs démocrates pourraient se détourner de lui en novembre, fragilisant les chances de ravir le siège à Mme Collins, considérée comme une cible vulnérable par le camp démocrate.

Un enjeu national

La course au Sénat dans le Maine est considérée comme l’une des plus disputées du pays. La sénatrice Collins, républicaine modérée et figure respectée, est confrontée à un défi de taille dans un État qui a tendance à basculer. Le résultat du scrutin de novembre est perçu comme crucial pour déterminer la future majorité au Sénat, où les deux camps sont au coude-à-coude.

Au-delà du cas Platner, la journée de mardi est marquée par des primaires dans plusieurs autres États, dont la Caroline du Sud, le Nevada et le Dakota du Nord. Les regards restent toutefois braqués sur le Maine, où le verdict des urnes dira si les électeurs sont prêts à faire confiance à un candidat controversé pour mener la charge contre la majorité républicaine.