Les autorités européennes ont opposé une fin de non-recevoir à la requête des transporteurs et des gestionnaires d'aéroports, qui réclamaient une mise en sommeil estivale du système d'entrée-sortie (EES). Ce dispositif, opérationnel depuis avril dans l'espace Schengen, impose à tout voyageur non ressortissant de cet espace – et n'étant ni Irlandais ni Chypriote – de fournir ses données biométriques (photo du visage et empreintes digitales) à l'arrivée, puis de les confirmer au départ.

Lors d'une réunion tenue mardi avec les parties prenantes, les responsables de la Commission ont balayé l'appel lancé la semaine précédente par des dirigeants du secteur aéronautique européen. Dans une lettre ouverte adressée à la présidence de l'exécutif communautaire, ils dénonçaient un système « qui nuit à la réputation de l'Europe, au tourisme européen et à la connectivité ». Ils redoutaient une aggravation des perturbations avec l'arrivée des vacances d'été.

Un rejet officiel justifié par la sécurité

Un porte-parole de la Commission a expliqué, à l'issue de la rencontre, que le dispositif « renforce la sécurité des citoyens de l'UE tout en limitant au maximum l'impact sur les voyageurs légitimes non européens ». Il a précisé que l'EES avait déjà enregistré 110 millions de passages et refusé l'entrée à 45 000 personnes. Selon lui, ces résultats démontrent l'efficacité du mécanisme, qui l'emporte sur les inconvénients temporaires.

L'industrie aéronautique, de son côté, avait mis en avant des scènes de files d'attente interminables, une confusion parmi les passagers et des correspondances manquées. Les aéroports les plus fréquentés – notamment à Rome, Paris ou Francfort – avaient signalé des engorgements records aux points de contrôle biométriques, certains évoquant « une catastrophe annoncée » pour la saison estivale.

Des craintes persistantes pour l'été

Malgré le rejet de leur demande, les acteurs du transport aérien continuent d'appeler à des mesures d'urgence. Ils estiment que l'afflux de voyageurs durant les prochaines semaines pourrait aggraver une situation déjà tendue. Plusieurs compagnies low-cost, dont Ryanair, avaient alerté dès début juillet sur le risque de « chaos de files d'attente » et réclamé une concertation d'urgence.

L'espace Schengen, qui regroupe 29 pays – les 25 États membres de l'Union européenne auxquels s'ajoutent l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse – est le théâtre de ce déploiement. Le système EES ne concerne pas les citoyens de ces États, ni ceux d'Irlande ou de Chypre. Tout autre voyageur doit s'y soumettre à chaque entrée et sortie de la zone.

Quelles perspectives pour les voyageurs ?

La Commission ne prévoit à ce stade aucune flexibilité ni période de transition supplémentaire. Le porte-parole a insisté sur le fait que le système était « pleinement opérationnel » et continuerait à s'appliquer sans interruption. Les autorités recommandent aux voyageurs non européens de se présenter aux aéroports plusieurs heures avant leur vol, de préparer leurs documents et de s'armer de patience.

Certains experts estiment que les difficultés pourraient s'atténuer progressivement à mesure que les procédures seront rodées, mais rien ne garantit une amélioration rapide. Le débat sur l'équilibre entre sécurité et fluidité des frontières reste vif, alors que l'Europe accueille chaque été des millions de touristes étrangers.