Le compte à rebours s'accélère pour la France, appelée à transposer dans le droit national une directive européenne exigeant davantage de transparence sur les écarts de rémunération entre hommes et femmes. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a jugé la situation préoccupante, estimant que le pays est « en retard » sur ce dossier. Elle a réclamé un projet de loi « au plus vite », souhaitant que le texte soit présenté « avant la fin de l'été ».

En réponse, le ministre de l'Économie, Jean-Pierre Farandou, a pris un engagement ferme : le texte de loi sera voté avant la fin de l'année 2026. Il a indiqué que le gouvernement travaille activement sur le sujet et que le Parlement sera saisi dans les délais impartis. Cette promesse vise à rassurer les partenaires sociaux et les institutions européennes, alors que Bruxelles surveille de près le respect des obligations communautaires.

La directive européenne impose aux États membres d'obliger les entreprises à publier des informations sur les salaires, à justifier les écarts et à mettre en place des outils de correction. En France, les négociations sur le contenu de la future loi butent encore sur plusieurs points, notamment le périmètre des entreprises concernées, les modalités de publication des données et les sanctions en cas de non-respect. Les syndicats plaident pour un dispositif ambitieux, tandis que le patronat redoute des contraintes administratives excessives.

Un retard qui suscite l'inquiétude La France n'est pas la seule à accumuler du retard. Toutefois, son calendrier serré est accentué par la complexité de ses mécanismes de dialogue social. Marylise Léon a déploré que « rien ne bouge » depuis plusieurs mois, malgré les annonces. Elle a rappelé que l'égalité salariale est une urgence sociale et économique, et que la transparence est un levier indispensable pour réduire les inégalités persistantes.

Les prochaines étapes Le gouvernement devrait dévoiler les grandes lignes du projet de loi dans les prochaines semaines. Une concertation avec les syndicats et le patronat est en cours. Jean-Pierre Farandou a assuré que le texte serait élaboré en tenant compte des spécificités du marché du travail français, tout en respectant les objectifs de la directive.

La balle est désormais dans le camp de l'exécutif, qui devra concilier les exigences européennes, les attentes des salariés et les préoccupations des employeurs, dans un calendrier resserré.