En marge du sommet de l'OTAN qui se tient cette semaine à Ankara, le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky se sont entretenus en tête-à-tête mercredi. À l'issue de cette rencontre, la première en face-à-face entre les deux dirigeants depuis plusieurs mois, M. Trump a déclaré que la Russie et l'Ukraine aspirent toutes deux à « voir la guerre réglée », selon des termes rapportés par son entourage.
Cette entrevue intervient dans un contexte diplomatique tendu au sein de l'Alliance atlantique. Donald Trump, arrivé la veille en Turquie, avait eu un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine au cours duquel avaient été abordés le conflit ukrainien et le dossier iranien. L'appel avait été perçu comme une tentative de renouer le dialogue avec Moscou, alors que les Occidentaux maintiennent des sanctions et un soutien militaire à Kiev.
Un sommet sous haute tension
Le sommet de l'OTAN, organisé dans la capitale turque, est marqué par des divergences entre alliés sur le financement de la défense et la stratégie à adopter face à la Russie. Donald Trump a réitéré ses exigences d'une hausse des contributions budgétaires des pays membres, provoquant des frictions avec plusieurs partenaires européens. La rencontre avec Volodymyr Zelensky visait à réaffirmer le soutien américain à l'Ukraine, même si aucune annonce concrète d'aide supplémentaire ou de nouveau plan de paix n'a été formulée publiquement.
La présidence ukrainienne a qualifié l'échange de « constructif », sans entrer dans le détail des sujets abordés. Du côté américain, on s'est contenté de souligner que les deux hommes avaient discuté des moyens de parvenir à une paix « juste et durable ». Aucune conférence de presse commune n'a été organisée à l'issue de l'entretien.
Des réactions partagées
Les déclarations de Donald Trump, laissant entendre que Moscou serait ouvert à une solution négociée, ont suscité des interrogations parmi les diplomates européens présents à Ankara. Certains y voient une inflexion de la position américaine, tandis que d'autres rappellent que les conditions posées par la Russie restent inacceptables pour Kiev. L'Ukraine réclame depuis des mois un calendrier clair pour son intégration à l'OTAN, mais n'a pas obtenu de garanties formelles lors de cette rencontre.
Le sommet doit se poursuivre jeudi avec des sessions consacrées à la défense collective, aux menaces hybrides et aux partenariats avec des pays non membres. La question ukrainienne demeurera au cœur des discussions, tandis que les alliés tentent de trouver un terrain d'entente sur les modalités d'un soutien à long terme à Kiev. La rencontre Trump-Zelensky, bien que brève, a permis de maintenir un canal de dialogue direct entre les deux capitales, dans l'attente de nouvelles avancées diplomatiques.