Alors que la controverse entourant la gestion de la Coupe du monde 2026 enfle, le président de la Fifa, Gianni Infantino, essuie les critiques les plus acerbes. L'ancien entraîneur de plusieurs sélections africaines, Claude Le Roy, a qualifié le dirigeant de « crétin dangereux pour le foot », une sortie qui témoigne de l'exaspération d'une partie du monde footballistique.
Cette charge intervient dans le sillage de ce qui est déjà désigné comme « l'affaire Balogun », sans que les détails précis de ce dossier aient été officiellement divulgués. Dans ce contexte de tensions, une analyse émanant d'une figure ayant longtemps collaboré avec l'institution zurichoise brosse un portrait bien différent de l'attitude du patron du football mondial. Selon cette personne, Gianni Infantino « va attendre que ça se tasse, comme il a toujours fait ». Cette méthode, rodée lors de précédentes crises, consisterait à laisser l'orage passer sans réagir frontalement, en misant sur l'essoufflement des polémiques.
La stratégie d'attentisme prêtée au dirigeant contraste avec la virulence des propos tenus par Claude Le Roy. Ce dernier, figure respectée du football africain et ancien sélectionneur du Cameroun, du Sénégal ou encore de la République démocratique du Congo, n'a pas mâché ses mots. Son jugement sans appel sur « un crétin dangereux pour le foot » reflète un mécontentement qui ne se limite pas à la seule affaire Balogun, mais s'inscrirait dans un malaise plus large concernant la gouvernance de la Fifa et l'organisation du Mondial à vingt-quatre équipes.
Une défiance qui interroge sur l'avenir d'Infantino
Les critiques formulées par Claude Le Roy ne sont pas isolées. Plusieurs voix s'élèvent pour demander des comptes au président de la Fifa, et la question de son maintien à la tête de l'instance est ouvertement débattue. Certains observateurs estiment que l'affaire Balogun pourrait servir de catalyseur à une remise en cause plus profonde de sa légitimité. La capacité de Gianni Infantino à conserver le soutien des fédérations membres, pierre angulaire de son pouvoir, sera mise à l'épreuve.
Jusqu'à présent, le président de la Fifa n'a pas répondu publiquement aux accusations portées par Claude Le Roy. Sa propension à temporiser, décrite par son ancien allié, pourrait toutefois se révéler insuffisante si la pression médiatique et institutionnelle venait à s'intensifier. Le déroulement des prochaines semaines, à l'approche de la Coupe du monde 2026, sera déterminant pour l'avenir du dirigeant helvético-italien.
L'épisode illustre les fractures au sein du monde du football, entre partisans d'une gestion plus transparente et défenseurs de l'ordre établi. La sortie de Claude Le Roy, par sa brutalité, a le mérite de poser crûment la question : Gianni Infantino est-il encore l'homme qu'il faut pour piloter la Fifa dans cette période sensible ? L'ancien allié, qui prédit une stratégie d'attentisme, semble en tout cas convaincu que le président n'a pas l'intention de céder à la pression.