Le procès d'un homme accusé d'avoir tué deux femmes à Londres et d'en avoir violé une troisième s'est ouvert lundi devant la cour criminelle de l'Old Bailey. Simon Levy, quarante ans, originaire de Tottenham, dans le nord de la capitale britannique, comparaît pour le meurtre de Carmenza Valencia-Trujillo, cinquante-quatre ans, survenu en mars 2025, et celui de Sheryl Wilkins, trente-neuf ans, en août de la même année. Il doit également répondre de faits de viol et d'agression sur une troisième femme. L'accusé plaide non coupable.

Un prédateur sexuel récidiviste

Dès l'ouverture des débats, la cour a été informée du lourd passé judiciaire de Simon Levy. Le procureur, Tom Little KC, a détaillé devant les jurés treize condamnations antérieures pour des agressions sexuelles, commises entre juillet 2018 et mai 2025. Parmi celles-ci, six ont été perpétrées au cours des cinq premiers mois de l'année 2025, soit une période contemporaine des faits jugés. En septembre 2021, Levy avait déjà été reconnu coupable, à l'issue d'un procès, d'une agression sexuelle commise en juillet 2018 et d'une agression sexuelle par pénétration en août 2018. En février 2026, il avait été condamné pour une série d'attaques supplémentaires, soit onze agressions sexuelles distinctes commises entre avril 2022 et mai 2025.

« Une série d'infractions incluant des attouchements et des activités sexuelles non consenties, a déclaré Tom Little KC. Cela vous dit tout ce que vous devez savoir sur son attitude et son approche envers les femmes. »

Arrêté une première fois en avril 2025 dans le cadre de l'enquête sur le premier meurtre, Simon Levy avait été remis en liberté, avant de récidiver quelques mois plus tard. Le second homicide a eu lieu en août 2025, alors que l'accusé se trouvait dans l'attente de son procès.

Des victimes ciblées

Selon l'accusation, les trois femmes visées par les attaques étaient soit des travailleuses du sexe, soit des personnes échangeant des services sexuels contre de l'argent ou de la drogue. Le procureur a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une coïncidence : « C'est pourquoi et comment l'accusé les a rencontrées, et c'est aussi une raison pour laquelle il les a attaquées, espérant sans doute s'en sortir. » Il a précisé que les deux homicides étaient de nature sexuelle et que, même si les premiers gestes pouvaient avoir été consentis, la suite ne l'était pas.

Le réquisitoire a également décrit avec précision l'agression subie par la survivante. Cette femme, victime de traite humaine au Royaume-Uni, aurait été violée à deux reprises en janvier 2025 dans un parking proche du domicile de Levy, à Tottenham. Selon le procureur, l'accusé a sauté sur sa victime de tout son poids, lui brisant la clavicule, avant de la violer tout en lui couvrant le visage et en lui serrant la gorge. La femme a perdu connaissance durant l'agression et « a pensé qu'elle allait mourir », a rapporté Tom Little KC.

Une identification formelle

Quatre jours après cette attaque, la victime a été interpellée pour violation d'une peine communautaire alors qu'elle se rendait à l'hôpital pour soigner sa clavicule fracturée. Elle a alors signalé aux policiers qu'elle avait été violée, mais son état de santé, lié à un syndrome de sevrage à l'héroïne, n'a pas permis de l'entendre immédiatement. Ce n'est qu'en septembre 2025 qu'elle a pu être entendue. Lors de cet entretien, elle a décrit les lieux de l'agression et le physique de son agresseur. Les éléments recueillis, notamment l'adresse fournie par la victime, ont permis d'identifier Simon Levy, qu'elle a formellement reconnu sur une planche photographique.

L'accusé a nié l'ensemble des charges retenues contre lui. Le procès, qui doit se poursuivre devant l'Old Bailey, devrait durer plusieurs semaines.