Les États-Unis et l'Iran sont parvenus à s'entendre sur la formulation d'un accord visant à mettre un terme à leur conflit armé, a annoncé dimanche le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Selon lui, une cérémonie de signature doit se tenir vendredi en Suisse. L'accord prévoit la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur l'ensemble des fronts, y compris au Liban, où près d'un cinquième du territoire est actuellement occupé par Israël.

Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a confirmé que le deal inclut la levée immédiate et complète du blocus naval imposé par les États-Unis. Dans un communiqué, il précise que « la guerre et les opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban, prendront fin immédiatement et définitivement dès ce soir ». De son côté, le président américain Donald Trump a qualifié l'accord de « great deal » (grand accord) et a exhorté les navires bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz à « démarrer leurs moteurs ». Il a toutefois précisé que la réouverture se ferait dans un premier temps « à des fins de déminage ».

Un processus de négociation en plusieurs étapes

Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, a indiqué que les négociations pour un accord final se poursuivraient pendant soixante jours. Cette période de soixante jours est également celle de la prolongation de la trêve, selon des sources concordantes. L'accord lui-même ne traite pas directement du programme nucléaire iranien, qui était l'une des causes profondes du conflit. Des discussions sur ce sujet sont attendues dans les semaines à venir.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait précédemment évoqué une signature électronique de l'accord, avant que la cérémonie physique en Suisse ne soit confirmée. Les médiations ont été menées par le Pakistan, le Qatar, l'Égypte et la Turquie. Le vice-président américain J.D. Vance a dirigé l'équipe de négociation américaine.

Réactions et incertitudes

L'annonce a été accueillie favorablement par les marchés financiers. Les prix du pétrole ont chuté après la nouvelle, et les prix du gaz naturel au Royaume-Uni ont baissé d'environ 6 % tout en restant 50 % plus élevés qu'avant le conflit.

En Iran, l'accord est présenté comme une victoire face aux États-Unis et à Israël. « Quel était le sens de cette guerre ? », s'interrogeait une habitante de Téhéran citée par des médias, ajoutant : « Honnêtement, nous sommes très heureux que ce soit fini. »

Du côté israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahou n'a pas encore officiellement réagi. Le président Trump a déclaré que Netanyahou « devrait être très reconnaissant » envers les États-Unis pour avoir conclu cet accord. Il a également critiqué des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth dimanche, affirmant qu'elles avaient failli faire échouer l'accord. Israël a pour sa part indiqué que ses forces resteraient au Liban indéfiniment.

Questions en suspens

Le texte complet de l'accord n'a pas été rendu public. Des questions cruciales demeurent, notamment sur le devenir du matériel nucléaire iranien et sur la mise en œuvre concrète de la levée du blocus. Le président Trump a menacé de recourir à nouveau à la force militaire si l'accord n'était pas mis en œuvre « rapidement, facilement et sans heurts ». Le Royaume-Uni et la France travaillent par ailleurs à une coalition internationale pour le déminage du détroit d'Ormuz, une opération qui devrait être discutée lors de la prochaine réunion du G7 en France.