Les discussions du sommet du G7, qui se tient à Évian-les-Bains, entrent dans leur phase cruciale. Après des mois de tractations diplomatiques, l'accord de principe signé entre les États-Unis et l'Iran constitue le principal point à l'ordre du jour des dirigeants des grandes puissances économiques. Il s'agit désormais de traduire dans les faits l'engagement pris par les deux parties de normaliser leurs relations et de lever les entraves à la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.
Un soulagement financier majeur pour Téhéran
Selon des informations concordantes, l'accord intérimaire prévoit un allègement significatif des sanctions économiques qui paralysent l'économie iranienne depuis plusieurs années. En contrepartie d'un gel de son programme nucléaire et de garanties sur la sécurité régionale, la République islamique pourrait accéder à un volume de liquidités estimé à 300 milliards de dollars d'avoirs gelés. Par ailleurs, le retour de l'Iran sur le marché mondial du pétrole brut est acté : les exportations pourraient reprendre à un rythme soutenu, ce qui aurait un impact direct sur les cours mondiaux de l'or noir.
Le secrétaire d'État américain, présent à Évian, a déclaré que ce cadre intérimaire permettait de « donner une chance à la paix » tout en maintenant « une capacité de vérification et de riposte en cas de manquement ». Le président iranien, de son côté, a salué une « victoire de la diplomatie », mais a prévenu que la confiance devrait se construire « étape par étape ».
La question épineuse du détroit d'Ormuz
Au cœur des débats du G7, la réouverture complète du détroit d'Ormuz apparaît comme la condition sine qua non à la stabilisation des marchés énergétiques. Depuis les tensions ayant conduit à sa fermeture partielle, plus de 20 % du trafic pétrolier mondial transitant par cette voie d'eau stratégique était perturbé. Les dirigeants du G7 ont insisté pour que des patrouilles conjointes, associant la marine américaine et les garde-côtes iraniens, garantissent la libre navigation.
Un diplomate européen a précisé que « des discussions techniques avancées sont en cours sur la supervision des navires et la levée des restrictions d'accès aux ports iraniens ». Un mécanisme de désescalade rapide, déjà testé lors de précédentes crises, serait sur le point d'être activé pour sécuriser le corridor maritime dès les prochaines semaines.
Les équilibres régionaux en jeu
Si l'accord recueille un large soutien parmi les membres du G7, l'État hébreu continue d'exprimer des réserves quant à ses conséquences sécuritaires. Le premier ministre israélien a réitéré sa position : bien qu'il ne s'oppose pas au principe d'une désescalade, il exige que des inspections rigoureuses des sites nucléaires iraniens soient incluses dans tout arrangement final. Les chefs de la diplomatie française et allemande ont tenté de rassurer Tel-Aviv en promettant un volet « transparence et contrôle » renforcé.
Au Moyen-Orient, les monarchies du Golfe, inquiètes d'un possible regain d'influence iranienne, suivent de près les négociations. Riyad et Abou Dhabi ont conditionné leur adhésion au dispositif à l'obtention de garanties sur la sécurité de leurs installations pétrolières. Le sommet d'Évian prévoit une réunion parallèle avec les représentants du Conseil de coopération du Golfe pour apaiser ces craintes.
Les implications économiques mondiales
La perspective de voir l'Iran réintégrer le marché pétrolier a déjà fait fluctuer les cours du brut ces dernières heures. Les analystes financiers estiment qu'un retour progressif de la production iranienne — estimé à 4 millions de barils par jour — pourrait faire baisser les prix de 10 à 15 % à moyen terme, offrant un répit aux économies importatrices. Les États-Unis, qui avaient renforcé leur propre production pour pallier les tensions, voient dans cet accord un levier pour contenir l'inflation énergétique avant les élections de mi-mandat.
Les discussions se poursuivent à huis clos et un communiqué final est attendu avant la fin de la journée. Les dirigeants ont d'ores et déjà convenu de mettre en place un comité de suivi composé des ministres des Affaires étrangères du G7 et de l'Iran, chargé de superviser les premières phases de l'accord sur les six prochains mois.