Le protocole d'entente destiné à mettre fin au conflit opposant les États-Unis et l'Iran a été officialisé par une signature électronique des deux chefs d'État et est entré en vigueur. L'accord, qui intervient après près de quatre mois de combats, prévoit l'arrêt des opérations militaires sur tous les fronts, l'engagement de Téhéran à ne pas développer ni acquérir d'arme nucléaire et la réouverture complète du détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour le commerce mondial.

Les mises en garde de Téhéran

Alors que l'accord prend effet, l'Iran a adressé un avertissement clair à Washington. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que Téhéran superviserait l'application du mémorandum par les États-Unis « sans aucune indulgence ». Il a prévenu que l'Iran ne remplirait pas ses engagements si Washington ne respectait pas les siens. Par ailleurs, il a réaffirmé que le programme balistique iranien n'était pas sujet à négociation.

L'accord ouvre la voie à des discussions sur un traité définitif dans un délai de soixante jours. Cependant, des analystes estiment que les pourparlers pourraient s'avérer plus longs. Kenneth Katzman, chercheur principal au Soufan Center, a jugé que les discussions sur le nucléaire iranien, portant sur des questions techniques comme l'enrichissement de l'uranium, les stocks de matière hautement enrichie, les mesures de vérification et les inspections, nécessiteraient un travail « très détaillé » et « très exhaustif », susceptible de dépasser le calendrier fixé.

Des premières réactions politiques aux États-Unis

Du côté américain, le président Donald Trump fait face à des critiques au sein même de son camp. D'éminentes personnalités républicaines, parmi lesquelles l'ancien vice-président Mike Pence, l'ex-ambassadrice à l'ONU Nikki Haley et le sénateur Bill Cassidy, ont dénoncé cet accord intérimaire. Ses détracteurs estiment qu'il ne freine pas suffisamment les ambitions nucléaires de Téhéran et contestent le plan de reconstruction de 300 milliards de dollars prévu pour l'Iran. Certains ont établi un parallèle avec l'accord nucléaire de 2015 conclu sous l'administration Obama, dont Trump s'était retiré.

La mise en œuvre sur le terrain

Selon des responsables pakistanais et des déclarations des deux parties, l'accord est déjà en vigueur. Le mémorandum, qui compte quatorze points, a été signé par voie électronique, un procédé inédit pour un accord de cette envergure. La communauté internationale suit de près la suite des événements, alors que des questions persistent quant à l'application concrète des différentes clauses, notamment la réouverture du détroit d'Ormuz et la supervision du volet nucléaire.