Une signature à distance plutôt qu'une cérémonie à Genève
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a annoncé que le protocole d'entente conclu avec les États-Unis a été finalisé et signé par voie électronique par les deux parties. Selon ses déclarations à l'agence IRNA, « le texte du mémorandum d'entente d'Islamabad a été finalisé avec les signatures des présidents. Il est maintenant temps de tester la mise en œuvre de l'accord ». Il a précisé que l'accord est déjà entré en vigueur.
Cette procédure dématérialisée rend caduque l'organisation d'une cérémonie de signature qui était initialement prévue vendredi à Genève, en Suisse. Les équipes de négociation ont cependant toujours l'intention de se rendre dans la cité helvétique. Une décision concernant une éventuelle rencontre en personne entre elles pourrait intervenir dans les prochaines heures, même si pour l'heure ces projets sont suspendus, a indiqué le diplomate.
Un accord-cadre qui ouvre la voie à des négociations
L'annonce de Téhéran semble confirmer que les deux puissances ont convenu d'une suspension des opérations militaires, ce qui devrait faciliter l'engagement de discussions plus approfondies. Le mémorandum est présenté comme un préalable à des négociations futures plutôt que comme un accord définitif.
Du côté américain, la Maison-Blanche n'avait pas encore publié de déclaration officielle au moment des annonces iraniennes. Un porte-parole de l'administration Trump a toutefois confirmé dans la journée que la signature avait bien eu lieu, selon des informations recueillies par des envoyés spéciaux sur place.
Des réticences politiques attendues aux États-Unis
Le protocole d'entente pourrait faire l'objet de critiques aux États-Unis. Le président Donald Trump est sous pression de l'aile droite de son parti pour adopter une ligne dure envers l'Iran. « Le mémorandum d'entente suscite un mécontentement considérable, tel qu'il a été présenté au public à ce stade, y compris parmi certains républicains qui craignent que l'Iran ne soit traité avec trop d'indulgence », a rapporté un correspondant sur place.
L'administration s'efforce de convaincre l'opinion publique américaine et les élus qu'il ne s'agit pas d'une concession. La position officielle met en avant le caractère préliminaire de ce texte, premier jalon d'un processus diplomatique plus large.
Un conflit qui a duré plusieurs mois
Depuis la fin février, les États-Unis et Israël menaient conjointement des opérations de guerre contre l'Iran. Ce conflit a provoqué des perturbations majeures dans la région, notamment au niveau du détroit d'Ormuz, dont la fermeture a affecté les routes maritimes internationales. La signature de ce mémorandum intervient après des semaines de négociations indirectes et d'échanges diplomatiques intenses.
La réouverture du détroit d'Ormuz, annoncée parallèlement, constitue l'un des premiers effets concrets de l'accord et devrait permettre une reprise progressive des flux pétroliers dans la zone.