Des discussions au sommet sur l'après-conflit
Le sommet annuel du G7, qui se tient à Évian-les-Bains depuis ce lundi, a vu les dirigeants des sept grandes puissances occidentales recentrer leurs travaux sur la mise en œuvre de l'accord de paix conclu entre les États-Unis et l'Iran. L'objectif affiché est de garantir une transition stable et de définir le cadre de la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole brut mondial.
Les entretiens, qui se sont ouverts sous la présidence du chef de l'État français, portent sur les modalités de déploiement des nombreuses clauses financières et sécuritaires de l'accord. Plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité d'un calendrier précis et d'un mécanisme de vérification robuste pour la levée des sanctions et le dégel des avoirs iraniens.
Des enjeux économiques considérables
Au cœur des débats figure la question du détroit d'Ormuz, dont la fermeture partielle ou totale ces derniers mois a provoqué une onde de choc sur les marchés de l'énergie. Les participants au G7 cherchent à obtenir des garanties tangibles de la part de Téhéran quant à la liberté de navigation dans cette voie maritime. L'enjeu est double : rassurer les compagnies pétrolières et les assureurs maritimes, et éviter une flambée des prix du carburant qui pèserait sur la reprise économique mondiale.
Selon des informations concordantes, les discussions explorent la possibilité de déployer une force navale multinationale sous mandat onusien pour superviser le transit et prévenir tout incident. Plusieurs chancelleries jugent cette option nécessaire pour dissiper les tensions entre l'Iran et ses voisins arabes du Golfe.
Les clauses financières de l'accord sous la loupe
Le volet économique du traité prévoit d'importants déblocages de liquidités en faveur de l'Iran en échange de garanties sur son programme nucléaire et la cessation de ses activités militaires régionales. Les experts du G7 évaluent les mécanismes encadrant ces transferts afin d'éviter tout détournement vers des fins non civiles ou des groupes armés alliés à Téhéran.
Les discussions portent également sur le financement de la reconstruction des zones dévastées par le conflit, tant du côté iranien que dans les pays voisins. Un fonds dédié, alimenté par des contributions internationales, a été évoqué, bien que son architecture précise reste à définir.
La position israélienne en toile de fond
En marge du sommet, plusieurs dirigeants ont cherché à rassurer les autorités israéliennes, qui ont manifesté des réserves sur certains aspects de l'accord, en particulier les garanties nucléaires et la présence militaire iranienne aux frontières nord d'Israël. Les discussions d'Évian intègrent ces préoccupations, mais aucun engagement formel n'a été pris publiquement.
Le Premier ministre israélien, qui n'est pas membre du G7, a multiplié les consultations téléphoniques avec les capitales occidentales pour faire valoir sa position. Le communiqué final du sommet devrait contenir une référence à la sécurité d'Israël, sans toutefois remettre en cause les termes du traité.
Vers un plan d'action commun
Les travaux se poursuivent ce mardi, avec l'ambition d'adopter une feuille de route commune pour la mise en œuvre accélérée de l'accord. Les chefs d'État doivent également évoquer la levée des barrières économiques et les conditions de reprise des investissements étrangers en Iran.
Un diplomate présent aux discussions a confié que les échanges sont « intenses mais constructifs », chacune des sept puissances cherchant à concilier ses intérêts nationaux avec la nécessité d'une sortie de crise durable. Le sommet devrait s'achever par une déclaration conjointe qui fixera les grandes lignes du soutien du G7 à la paix américano-iranienne.