Plus d'un an après le meurtre de sa fille Lyhanna (dont le prénom a été modifié en « Rosa » dans la procédure), la mère de la victime a annoncé avoir déposé une plainte contre l'État. Elle dénonce une inaction judiciaire qu'elle juge responsable, au moins en partie, du drame survenu.
Une plainte pour viol déposée dès août 2025 Selon des éléments de la procédure consultés par plusieurs médias, la mère de la fillette avait porté plainte pour viol contre Jérôme Barella dès le mois d'août 2025. Dans son récit aux enquêteurs, elle décrivait un homme au comportement de prédateur, extrêmement violent envers sa fille. Elle affirmait notamment que l'enfant lui avait confié que les agressions lui « avaient fait très mal ».
Malgré ces accusations graves, la mère explique avoir multiplié les demandes pour que l'enquête avance rapidement. Elle assure n'avoir eu « aucun suivi » et que l'homme n'a jamais été placé en garde à vue durant les mois qui ont suivi le dépôt de sa plainte.
Un drame évitable selon la plaignante Le corps sans vie de Lyhanna, 9 ans, avait été découvert en janvier 2026. Jérôme Barella, 45 ans, a depuis été mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans, et placé en détention provisoire.
Pour la mère de la fillette, les faits de viol qu'elle avait signalés dès l'été 2025 auraient dû déclencher une procédure pénale plus rapide. « La justice ne m'a pas suivie », a-t-elle déclaré, estimant qu'une garde à vue précoce ou une mise en examen pour viol aurait peut-être empêché le passage à l'acte meurtrier.
Une procédure inédite contre l'institution La plainte contre l'État, déposée ce mois-ci, vise à obtenir la reconnaissance d'une faute lourde de la part du système judiciaire. Elle ne vise pas directement les magistrats ou les enquêteurs individuellement, mais dénonce un dysfonctionnement global : absence de réaction face à des signalements pourtant très clairs.
L'avocat de la famille, Me Jean-Baptiste Roques, a confirmé la démarche. Il souligne que « des mois se sont écoulés entre la plainte initiale et la mort de Rosa sans que la moindre mesure coercitive ne soit prise à l'encontre du mis en cause ». Il estime que ce délai constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.
Les autorités restent silencieuses Contactés, les services judiciaires n'ont pas souhaité commenter une procédure en cours. Le parquet de la ville où l'affaire a été instruite n'a pas répondu aux sollicitations. Aucune déclaration officielle n'a pour l'instant été faite sur ce volet de l'affaire.
Cette nouvelle action en justice relance les débats sur les délais de traitement des plaintes pour violences sexuelles, en particulier lorsqu'elles concernent des mineurs. Plusieurs associations de protection de l'enfance ont salué la démarche de la mère, y voyant un moyen de faire pression sur une institution souvent jugée trop lente.
Une affaire qui a bouleversé l'opinion Le meurtre de la petite Lyhanna, en janvier 2026, avait provoqué une vive émotion dans tout le pays. Les circonstances du drame, et le profil de l'accusé, déjà connu pour des faits de violences, avaient interrogé sur les failles du suivi judiciaire.
La plainte contre l'État déposée par la mère de la fillette pourrait, si elle est jugée recevable, ouvrir la voie à une indemnisation. Elle vise aussi, selon ses propres mots, à « faire en sorte que cela ne se reproduise pas ». L'instruction de cette action en responsabilité administrative pourrait prendre plusieurs mois.