Une initiative de solidarité
Un club de taekwondo a ouvert une cagnotte destinée à soutenir la mère de Rosa, qui a porté plainte contre l'État pour inaction judiciaire. L'établissement sportif considère que l'affaire dépasse le cas individuel et qu'elle concerne l'ensemble de la société. « C'est le combat de tout le monde », a estimé le club dans son appel aux dons.
Cette collecte vise à financer les frais de procédure et à apporter un appui moral à la plaignante, qui accuse Jérôme Barella de viol. La mère de Rosa dénonce le fait que la justice n'aurait pas donné suite à ses accusations, ce qui l'a conduite à engager une action en responsabilité contre l'État.
Des accusations de viol et un recours contre l'État
Les faits remontent à plusieurs semaines : la mère de Rosa affirme que sa fille a été victime de violences sexuelles de la part de Jérôme Barella. Selon elle, les autorités judiciaires n'auraient pas diligenté d'enquête approfondie ni pris les mesures qui s'imposaient. Face à ce qu'elle qualifie de « déni de justice », elle a donc décidé de saisir la justice administrative en déposant une plainte contre l'État pour carence fautive.
La requête, introduite devant le tribunal administratif, reproche aux services de l'État de ne pas avoir protégé l'enfant et de n'avoir pas engagé les poursuites pénales nécessaires. La plaignante espère obtenir la reconnaissance d'une faute lourde de l'appareil judiciaire, ainsi que des dommages et intérêts.
L'affaire Lyhanna en toile de fond
Cette action en justice s'inscrit dans le cadre plus large de l'affaire Lyhanna, une enfant retrouvée morte dans des circonstances tragiques. Le nom de Jérôme Barella est apparu dans cette enquête, bien que les liens précis entre les deux affaires restent à établir par les tribunaux. La mère de Rosa estime que l'inaction judiciaire dans son propre dossier est emblématique d'un système qui, selon elle, ne protège pas suffisamment les victimes mineures.
Le club de taekwondo, en lançant cette cagnotte, entend montrer que la cause de cette mère dépasse le cadre de son histoire personnelle. « Nous voulons que justice soit faite pour Rosa et pour toutes les autres », a déclaré un représentant de l'établissement sportif.
Une procédure en cours
Pour l'heure, la plainte contre l'État est en cours d'examen. Aucune décision n'a encore été rendue par le tribunal administratif. L'avocate de la mère de Rosa, jointe par plusieurs confrères, a indiqué que sa cliente attend que les juridictions reconnaissent le préjudice subi et qu'elles tirent les conséquences de ce qu'elle présente comme une faute de service.
De son côté, Jérôme Barella n'a pas encore publiquement commenté ces accusations. L'enquête préliminaire ouverte après le dépôt de la plainte initiale n'a, pour l'instant, pas abouti à des poursuites pénales.
Un appel aux dons pour organiser la riposte
La cagnotte mise en place par le club de taekwondo permettra, selon ses initiateurs, de couvrir les honoraires d'avocat et les frais de justice. Les sommes collectées serviront également à informer le public sur cette affaire et à interpeller les pouvoirs publics.
L'initiative a déjà recueilli plusieurs centaines d'euros en quelques jours. Le club espère que cet élan de générosité se poursuivra et que la mobilisation citoyenne contribuera à faire évoluer les pratiques de l'institution judiciaire.
Un précédent judiciaire
La plainte contre l'État pour inaction dans des affaires de violences sexuelles sur mineurs n'est pas sans précédent. Plusieurs requêtes similaires ont déjà été déposées par le passé, certaines ayant abouti à la condamnation de l'administration pour faute. La mère de Rosa espère que son action permettra, au-delà de son cas personnel, de faire jurisprudence et d'améliorer la prise en charge des victimes.
L'affaire est suivie de près par des associations de défense des droits de l'enfant, qui y voient un test pour la responsabilité de l'État en matière de protection judiciaire des mineurs.