Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, s’est exprimé au sujet de l’affaire Lyhanna, plaidant pour une approche structurelle et non individuelle face aux violences sexistes et sexuelles. Il a notamment jugé que le Premier ministre « a raison » de ne pas réduire ce drame à un simple fait divers, estimant que le sujet dépasse la seule responsabilité d’un ministre.
Un appel à une réponse globale
Dans ses déclarations, Manuel Bompard a insisté sur la nécessité d’une réponse politique et judiciaire d’ampleur. « Si on croit qu’on va régler le problème en ayant une sanction individuelle contre une personne, on ne sera pas à la hauteur de l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna », a-t-il affirmé. Selon lui, se focaliser sur une unique sanction reviendrait à manquer l’essentiel : la transformation des dispositifs de protection et de suivi.
Des critiques acerbes contre les annonces gouvernementales
Le député des Bouches-du-Rhône a dénoncé ce qu’il qualifie de « concours Lépine des propositions les plus démagogiques », en référence aux différentes mesures avancées par les responsables politiques depuis la révélation de l’affaire. Il a particulièrement ciblé le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, estimant que ce dernier cherche à « s’exonérer de sa propre responsabilité ». « Quand on est à la tête d’un ministère, on assume », a lancé Manuel Bompard à l’adresse du ministre de la Justice, reprochant à ce dernier une « clochardisation absolue » du système judiciaire.
Des mesures de suivi et de soins jugées insuffisantes
Manuel Bompard a également pointé du doigt le manque d’effectivité des mesures existantes. « Les mesures de suivi et de soins ne sont pas suffisamment mises en œuvre », a-t-il regretté, appelant à un véritable renforcement des dispositifs de sanction des violences sexistes et sexuelles. Selon lui, il doit y avoir « un renforcement des mesures pour sanctionner » ces actes, mais également pour prévenir leur récidive.
La question de la publication du fichier des auteurs
Interrogé sur la proposition de rendre public le fichier des auteurs d’infractions ou de délits à caractère sexuel, le coordinateur insoumis s’est montré réservé. « Rendre public le fichier des auteurs d’infractions ou de délits à caractère sexuel pourrait donner une illusion de protection », a-t-il mis en garde. Une telle mesure, selon lui, ne résoudrait pas les défaillances structurelles du système et pourrait même créer un sentiment de sécurité trompeur.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des critiques adressées à l’exécutif, Manuel Bompard a appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs politiques et judiciaires. Il a estimé que l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna devait se traduire par des réformes profondes, et non par des décisions précipitées ou des annonces électoralistes. « On ne réglera pas le problème en sanctionnant une seule personne », a-t-il répété, tout en insistant sur la nécessité d’une action coordonnée au niveau du gouvernement et de la justice.
Ces prises de position interviennent alors que l’affaire Lyhanna continue de susciter une vive émotion dans l’opinion publique et d’alimenter les débats politiques sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.