Le député et coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a accusé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de chercher à « s'exonérer de sa propre responsabilité » dans l'affaire Lyhanna, cette adolescente de 14 ans retrouvée morte dans des circonstances qui suscitent une vive émotion publique.
Cette accusation intervient alors que le garde des Sceaux a réuni les procureurs généraux ce lundi matin, une initiative que Manuel Bompard interprète comme une tentative de rejeter la faute sur les acteurs judiciaires locaux plutôt que d'assumer les décisions prises au niveau ministériel. Selon l'élu insoumis, la réunion viserait en réalité à « s'exonérer de sa propre responsabilité », suggérant que le ministre tente de se dédouaner en amont de possibles manquements dans le traitement de l'affaire.
Des critiques qui s'inscrivent dans un climat de tension
La mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc dans le pays, donnant lieu à des rassemblements devant les tribunaux et à une forte mobilisation politique. Plusieurs voix, à gauche notamment, dénoncent la gestion de ce dossier par les autorités, pointant des dysfonctionnements possibles dans le signalement et la protection de l'adolescente. En convoquant les procureurs généraux, Gérald Darmanin entendait, selon son entourage, faire un point d'étape sur les procédures en cours et rappeler les priorités de la justice dans les affaires de violences sur mineurs.
Manuel Bompard, lui, voit dans cette initiative une manœuvre politique visant à détourner l'attention de ce qu'il considère comme une responsabilité directe du ministre. « Au lieu d'assumer, on organise des réunions pour faire porter la responsabilité à d'autres », a-t-il laissé entendre, sans préciser les faits concrets sur lesquels il fonde son analyse.
Une opposition qui monte le ton
Cette prise de position s'ajoute à une série de critiques formulées par La France insoumise à l'encontre de la politique judiciaire du gouvernement. Le parti de Jean‑Luc Mélenchon réclame notamment une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lyhanna, afin de faire la lumière sur les éventuelles défaillances des services de l'État dans le suivi de la jeune fille.
De son côté, le ministère de la Justice n'a pas réagi directement aux accusations de Manuel Bompard. La réunion de ce lundi a toutefois été présentée comme une démarche de coordination habituelle dans les dossiers sensibles, sans lien avec une quelconque mise en cause personnelle du ministre.
L'affaire Lyhanna continue de mobiliser l'opinion publique et de nourrir un vif débat politique sur la protection de l'enfance et la responsabilité des institutions. Les prochains jours devraient être marqués par de nouvelles annonces judiciaires et parlementaires.