À compter de ce lundi, les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro sont officiellement pris en charge par l’Assurance maladie en France. Cette décision marque un tournant dans la lutte contre l’obésité, une pathologie touchant des millions de personnes dans le pays. Le remboursement, fixé à 65 %, est toutefois assorti de conditions strictes qui limitent l’accès immédiat au dispositif.

Des critères d’éligibilité précis

Seuls les patients souffrant d’obésité massive sans autre maladie associée, ou d’obésité sévère accompagnée de complications médicales, pourront prétendre à cette prise en charge. La prescription initiale doit obligatoirement être réalisée par un médecin exerçant dans une structure spécialisée dans l’obésité, comme les centres spécialisés de l’obésité (CSO). Elle s’accompagne d’un formulaire dédié et d’une ordonnance sécurisée, ce qui alourdit le parcours administratif.

Une mise en œuvre sous tension

Les pharmaciens redoutent une application complexe, avec un contrôle rigoureux des prescriptions pour s’assurer que les médecins sont habilités à initier ces traitements. Selon les estimations, près d’un million de Français pourraient théoriquement être éligibles, mais le ministère de la Santé anticipe un nombre de bénéficiaires bien inférieur, en raison du manque de rendez-vous dans les structures spécialisées. De nombreux patients devraient donc continuer à financer eux-mêmes leur traitement, dont le coût atteint environ 280 euros par mois.

Un engagement global exigé

Pour bénéficier du remboursement, les patients doivent s’engager dans une prise en charge globale incluant une alimentation moins calorique et une augmentation de l’activité physique. Cette condition suscite des interrogations sur les modalités de contrôle de ces engagements.

Un marché en pleine expansion

Le marché français des traitements contre l’obésité connaît une croissance rapide : dix-huit mois après leur arrivée, Wegovy et Mounjaro représentent déjà plus de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, et les ventes continuent de progresser chaque mois. L’arrivée attendue de versions sous forme de comprimés pourrait encore accélérer cette dynamique. Par ailleurs, certaines complémentaires santé étudient la possibilité de proposer des remboursements supplémentaires pour les patients exclus de la prise en charge actuelle.

Un coût maîtrisé pour l’Assurance maladie

Le coût de cette mesure pour l’Assurance maladie est évalué à une centaine de millions d’euros à l’horizon 2027, un montant jugé maîtrisé au regard du nombre potentiel de bénéficiaires.