L'astronaute français Arnaud Prost a été désigné pour prendre part à une mission vers Haven-1, la première station spatiale commerciale jamais mise en orbite. Ce vol, programmé pour 2027, marque une étape inédite dans la collaboration entre les agences spatiales publiques et le secteur privé américain.

Un vol historique vers une station privée

Arnaud Prost, qui a intégré le corps des astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA) en 2022, décollera à bord d'un véhicule développé par SpaceX, probablement une capsule Crew Dragon. Sa destination, Haven-1, est conçue et opérée par la société californienne Vast. Cette infrastructure orbitale doit être lancée d'ici la fin de l'année 2026 et pourra accueillir des équipages pour des séjours de plusieurs semaines.

Le CNES, l'agence spatiale française, a confirmé que cette mission s'inscrit dans le cadre d'un accord plus large avec Vast. L'entreprise américaine prévoit de déployer une station permanente en orbite basse, destinée à la fois à la recherche scientifique, aux activités industrielles et au tourisme spatial. La France devient ainsi l'un des premiers États partenaires de ce programme privé.

Un tandem français dans l'espace

L'annonce concernant Arnaud Prost intervient alors qu'un autre astronaute français, Thomas Pesquet, a lui aussi été pressenti pour une troisième mission spatiale en 2027. Selon des sources concordantes, Pesquet pourrait rejoindre la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre d'une mission privée également organisée par Vast, aux côtés de Sophie Adenot. Les deux spationautes français évolueraient donc simultanément dans l'espace, l'un à bord de l'ISS, l'autre à bord de Haven-1.

Cette double présence française en orbite constitue une première. Le gouvernement et les agences spatiales voient dans ces missions un moyen de renforcer la position de la France dans le secteur spatial commercial, tout en ouvrant la voie à de futures collaborations vers la Lune.

Les ambitions lunaires de Thomas Pesquet

Thomas Pesquet n'a pas caché son intérêt pour des horizons plus lointains. L'astronaute le plus expérimenté de l'ESA a déclaré que ses prochains objectifs incluent la Lune. Bien que la mission de 2027 le maintienne en orbite terrestre, il a laissé entendre qu'il postulerait pour des programmes lunaires, notamment dans le cadre du projet Artemis de la NASA. « Garder la Lune en tête » est une ambition qu'il a réitérée publiquement.

Des implications stratégiques

Le choix de faire voler des astronautes européens sur des infrastructures privées américaines reflète une évolution géopolitique et économique majeure. L'ESA, confrontée à des contraintes budgétaires et à l'absence de véhicule spatial habité européen, s'appuie de plus en plus sur les capacités commerciales américaines. Le CNES considère ces accords comme un levier pour maintenir une présence française dans l'espace tout en soutenant l'innovation industrielle.

Vast, de son côté, multiplie les partenariats internationaux. La société a déjà signé des accords avec plusieurs agences spatiales et envisage de construire une station plus grande, Haven-2, qui pourrait succéder à l'ISS à l'horizon 2030.

Un calendrier encore sous réserve

Le lancement de la mission d'Arnaud Prost reste tributaire des calendriers techniques de Vast et de SpaceX. Haven-1 doit d'abord être déployée et validée en orbite avant de pouvoir accueillir un équipage. Les tests de la station sont en cours et les préparatifs se poursuivent. Les autorités spatiales françaises et européennes suivent de près ces développements, tout en soulignant que la fenêtre de 2027 est réaliste.

En attendant, les deux astronautes français poursuivent leur entraînement intensif. Arnaud Prost, ancien pilote de chasse et ingénieur, se prépare à vivre dans un environnement totalement nouveau : une station conçue par des acteurs privés, avec des standards d'habitabilité et des protocoles opérationnels différents de ceux de l'ISS.

Un signal fort pour la filière spatiale française

Ces annonces confirment la volonté de la France de rester à la pointe de l'exploration spatiale habitée. Le CNES mise sur une présence renforcée en orbite, en combinant les missions institutionnelles classiques et les nouvelles opportunités offertes par le secteur privé. La participation de deux astronautes français à deux missions distinctes en 2027 illustre cette stratégie de diversification.

L'avenir dira si ces vols ouvriront la voie à des séjours plus longs, voire à des missions au-delà de l'orbite terrestre. L'enthousiasme exprimé par les principaux intéressés laisse présager une dynamique positive pour la conquête spatiale française et européenne.