Le président Emmanuel Macron a officialisé lundi 1er juin l'envoi de deux astronautes français dans l'espace en 2027, dans le cadre d'un partenariat avec l'entreprise américaine Vast. Thomas Pesquet, qui en sera à son cinquième vol, séjournera à bord de la Station spatiale internationale (ISS) en compagnie de la spationaute Sophie Adenot. Parallèlement, Arnaud Prost, parachutiste d'exception, prendra place à bord de la station commerciale Haven-1, un projet développé par la société fondée par le milliardaire Jed McCaleb, figure connue du secteur des cryptomonnaies.
Un partenariat public-privé inédit
L'accord constitue une première dans la politique spatiale française : l'Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d'études spatiales (CNES) ont choisi de collaborer avec un acteur privé américain pour offrir un accès orbital à des astronautes nationaux. Vast, entreprise californienne, ambitionne de construire des habitats spatiaux capables d'accueillir des humains sur la Lune et sur Mars à plus long terme. Pour l'immédiat, sa station Haven-1 doit servir de démonstrateur technologique en orbite basse. La signature de cet accord a été perçue comme un pas supplémentaire dans l'essor du « capitalisme spatial », un phénomène déjà observé avec les initiatives de sociétés comme SpaceX ou Blue Origin.
Thomas Pesquet, un astronaute expérimenté pour une mission de longue durée
Âgé de 48 ans, Thomas Pesquet cumule déjà plusieurs séjours à bord de l'ISS. Sa prochaine mission, prévue pour 2027, devrait durer environ six mois. Il retrouvera Sophie Adenot, sélectionnée en 2022 parmi les nouveaux astronautes de l'ESA, qui effectuera son premier vol spatial. Leur présence simultanée dans l'ISS illustre la volonté de l'agence européenne de renforcer sa présence en orbite et de préparer la relève de ses équipages. Les détails précis de la mission, notamment le lanceur utilisé et la date exacte de décollage, n'ont pas encore été communiqués.
Arnaud Prost vers la première station privée
Arnaud Prost, reconnu pour ses performances en parachutisme, deviendra l'un des premiers astronautes français à embarquer à bord d'une station spatiale entièrement privée. Haven-1, développée par Vast, est présentée comme un module habitable conçu pour des missions de deux à quatre semaines. Elle doit servir de banc d'essai pour les technologies nécessaires à la future station Vast-1, envisagée comme une alternative ou un complément à l'ISS. Le séjour d'Arnaud Prost devrait inclure des expériences scientifiques en microgravité, en particulier dans les domaines de la physiologie humaine et des matériaux.
La France conforte sa place dans la conquête spatiale
Avec ces deux missions, la France affirme son engagement dans l'exploration spatiale habitée tout en s'ouvrant aux solutions commerciales. Le CNES a souligné que ce partenariat permet de garantir un accès régulier à l'espace pour les astronautes français, dans un contexte où l'ISS approche de la fin de sa durée de vie opérationnelle, prévue pour 2030. L'accord avec Vast offre également une vitrine technologique pour les entreprises françaises qui participeront à la conception de certains équipements embarqués. Les modalités financières de la collaboration n'ont pas été divulguées.
Les défis d'un secteur en pleine mutation
L'irruption d'acteurs privés dans le domaine spatial suscite des interrogations. Certains experts pointent les risques liés à une dépendance accrue envers des entreprises commerciales dont les objectifs peuvent diverger de ceux des agences publiques. D'autres y voient au contraire une accélération bénéfique de l'innovation et une réduction des coûts d'accès à l'espace. La mission de 2027, en associant un vol institutionnel vers l'ISS et un vol privé vers Haven-1, illustre la coexistence de ces deux modèles. Les préparatifs des astronautes doivent débuter dans les prochains mois, avec des entraînements spécifiques menés à la fois au Centre européen des astronautes à Cologne et dans les installations de Vast aux États-Unis.