Le programme Système de combat aérien du futur (SCAF), lancé en 2017 par Emmanuel Macron et l’ancienne chancelière Angela Merkel, semble définitivement enterré. Selon le gouvernement allemand, le chancelier Friedrich Merz a suggéré au président français de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun, face aux désaccords persistants entre les industriels.
Un constat d’échec partagé
Les autorités allemandes indiquent que le président français et le chancelier allemand sont parvenus à un constat partagé : les entreprises Dassault Aviation et Airbus ne parviennent pas à s’entendre sur la conception d’un avion de combat commun. Le gouvernement allemand a précisé que Merz a donc recommandé à Macron de cesser les travaux sur ce volet du programme SCAF.
Ce constat met fin à un projet emblématique de la coopération européenne de défense, déjà miné depuis de nombreux mois par des tensions entre Paris et Berlin, ainsi qu’entre les deux industriels. En février déjà, le chancelier Merz avait évoqué des divergences sur les spécifications et le profil du futur appareil, laissant entendre que l’échec du programme était envisageable.
Le système de combat, cœur préservé ?
Si la partie « avion » est abandonnée, Berlin insiste sur la nécessité de préserver ce qui est présenté comme le véritable noyau du SCAF : le système de combat connecté, parfois décrit comme un « cloud de combat », destiné à relier avions, drones et autres capteurs. Selon le gouvernement allemand, les ministères de la Défense des deux pays doivent élaborer un plan de travail commun, recentré sur des projets « réalistes et pertinents », en vue du conseil des ministres franco-allemand prévu en Allemagne au mois de juin.
Des tensions qui durent
Lancé en 2017 et rejoint par l’Espagne en 2019, le SCAF devait incarner la relance de la coopération militaire européenne. Mais les divergences sur la répartition des tâches industrielles, les spécifications techniques (notamment le besoin d’un appareil plus ou moins lourd, plus ou moins furtif) et la gouvernance du projet n’ont cessé de s’accumuler. Le coût du programme, régulièrement évoqué, était lui aussi une source d’inquiétude : une étude publiée en 2025 suggérait que la facture pourrait dépasser les 100 milliards d’euros, un chiffre qui pesait sur la viabilité politique du projet.
Quelles suites pour la coopération franco-allemande ?
L’abandon officiel de l’avion commun ouvre une période d’incertitude pour la coopération industrielle de défense entre la France et l’Allemagne. D’autres grands programmes, comme le char du futur (MGCS) ou l’Eurodrone, connaissent eux aussi des difficultés. Les deux gouvernements devront désormais redéfinir les contours de leur partenariat, en choisissant les projets les plus réalistes.