Une révision en nette baisse
La Banque de France a dévoilé le 16 juin ses prévisions actualisées pour l'économie française, réduisant de manière significative son scénario de croissance pour 2026. L'institution dirigée par Emmanuel Moulin, entré en fonction le 2 juin, anticipe désormais une hausse du produit intérieur brut de 0,5 % sur l'année, contre 0,9 % lors de ses précédentes estimations de mars. Cette révision intervient dans un environnement économique marqué par un renchérissement durable des prix de l'énergie.
Un choc énergétique qualifié de « persistant »
Le gouverneur de la Banque de France a décrit la situation comme un « choc énergétique persistant » pour l'économie française, dont les effets se font sentir indépendamment de l'évolution des tensions géopolitiques au Proche-Orient. Il a également évoqué un « choc stagflationniste », une combinaison de croissance atone et de hausse des prix qui complique l'action des autorités monétaires. Selon les nouvelles projections, l'inflation serait plus élevée que ce qui était anticipé au printemps.
La contraction du pouvoir d'achat en ligne de mire
L'une des conséquences directes de ce choc énergétique est la dégradation du pouvoir d'achat des ménages. Les prévisions de la Banque de France indiquent que le pouvoir d'achat devrait se contracter cette année, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie et des biens importés. Cette situation pèse sur la consommation, moteur traditionnel de la croissance française, et explique en partie la révision à la baisse du PIB.
Un scénario sans récession
Malgré ces perspectives assombries, Emmanuel Moulin a exclu le scénario d'une récession au printemps. « La France ne devrait pas connaître de récession au printemps », a-t-il affirmé. L'institution prévoit une croissance faible mais positive, sans contraction de l'activité sur deux trimestres consécutifs, même si la conjoncture demeure fragile.
Le relèvement des taux de la BCE justifié
Dans le prolongement de ces analyses, le nouveau gouverneur a apporté son soutien à la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux directeurs la semaine précédente. Selon lui, cette mesure est nécessaire pour préserver la crédibilité de la politique monétaire face à une inflation qui s'accélère dans la zone euro. Il a souligné que la BCE devait agir pour ancrer les anticipations d'inflation et éviter un emballement durable des prix.
Des perspectives pour 2027 encore incertaines
Au-delà de 2026, les prévisions de la Banque de France pour 2027 n'ont pas été détaillées dans les annonces du 16 juin. Toutefois, les tensions sur les marchés de l'énergie, la hausse des taux d'intérêt et le ralentissement de l'économie mondiale laissent présager un environnement difficile pour les prochains trimestres. Les autorités monétaires et budgétaires devront composer avec une marge de manœuvre réduite pour soutenir l'activité.