L'institution monétaire française a présenté, le 16 juin, des prévisions économiques fortement dégradées pour l'année 2026. La croissance du produit intérieur brut (PIB) n'atteindrait que 0,5 %, un chiffre en net retrait par rapport aux 0,9 % anticipés précédemment. Cette révision à la baisse est directement imputée aux répercussions du conflit au Proche-Orient, qui perturbe les chaînes d'approvisionnement et renchérit le coût de l'énergie.
Parallèlement, la Banque de France prévoit un regain d'inflation. Après une période d'accalmie, l'indice des prix à la consommation devrait repasser au-dessus de 2 % sur l'ensemble de l'exercice 2026, sous l'effet de la hausse des prix des matières premières et des difficultés d'approvisionnement. Cette évolution contraindrait le pouvoir d'achat des ménages, qui subiraient une contraction dans les mois à venir.
Des ménages directement frappés
Les conséquences pour les consommateurs français se précisent. Selon les projections, la hausse des prix, combinée à une croissance atone, se traduirait par une baisse du pouvoir d'achat, tandis que le chômage pourrait augmenter. Cette dégradation du marché du travail accentuerait la pression sur les foyers les plus modestes, déjà confrontés à la cherté de l'énergie et des denrées alimentaires.
L'Insee, de son côté, anticipe une croissance de 0,7 % pour l'année en cours, soutenue notamment par le secteur industriel, décrit comme « entretenant la flamme de la croissance française ». Toutefois, ces prévisions pour 2025 restent inférieures aux attentes initiales, et la guerre au Proche-Orient constitue le principal facteur de fragilité pesant sur l'économie nationale.
Un choc énergétique persistant
Le gouverneur de la Banque de France avait déjà alerté, quelques jours plus tôt, sur le caractère « persistant » du choc énergétique, quelle que soit l'évolution de la situation géopolitique au Proche-Orient. Cette mise en garde souligne que l'économie française devra composer avec des prix élevés de l'énergie à moyen terme, pesant sur la compétitivité des entreprises et le budget des ménages.
Ces annonces interviennent dans un climat économique mondial incertain, marqué par une inflation qui remonte également aux États-Unis, où la Fed pourrait être contrainte de maintenir des taux élevés. Les autorités françaises, de leur côté, cherchent à lutter contre la « sur-optimisation fiscale » des plus fortunés via la coopération internationale, sans augmenter globalement la pression fiscale, comme l'a indiqué le ministre de l'Économie.