Une réunion cruciale pour asseoir sa candidature

Le député de Makerfield et candidat à la direction du Parti travailliste, Andy Burnham, a rencontré ce jeudi les secrétaires généraux des onze syndicats affiliés au Labour, à l'invitation du siège d'Unison à Londres. Cette rencontre intervient alors que Burnham cherche à consolider les soutiens indispensables pour accéder au poste de Premier ministre britannique, après avoir annoncé sa candidature à la suite de son élection à la Chambre des communes.

Selon des sources internes à Unison, l'ordre du jour a notamment porté sur un projet de dévolution massive des compétences depuis Westminster vers les régions, thème central du programme que Burnham a esquissé lundi dernier dans un discours marquant. Il y a proposé de confier aux communautés locales un « plus grand contrôle public des services essentiels », une orientation qui trouve un écho favorable parmi les syndicats attachés à la gestion publique de l'eau, de l'énergie et des transports.

Le spectre d'Ed Miliband divise les syndicats

La question la plus sensible abordée lors de ces échanges concerne le choix du futur chancelier de l'Échiquier en cas de victoire de Burnham. Deux noms circulent avec insistance : celui d'Ed Miliband, actuel secrétaire d'État à l'Énergie sous le gouvernement démissionnaire, et celui de Wes Streeting, l'ancien ministre de la Santé dont la démission a précipité la chute de Keir Starmer.

Les syndicats Unite et GMB, qui représentent une part importante des travailleurs des hydrocarbures, ont fait savoir qu'ils s'opposent fermement à la promotion de Miliband, critiquant sa politique de transition énergétique accélérée. Le secrétaire général du GMB, Gary Smith, a qualifié la stratégie zéro émission nette du gouvernement pour la mer du Nord de « honteuse » et de « folie économique ». Il aurait, selon des informations concordantes, soulevé cette question directement avec Burnham lors d'un entretien la semaine dernière.

À l'inverse, Andrea Egan, secrétaire générale d'Unison, a publiquement apporté son soutien à la désignation de Miliband, estimant que son expérience et sa vision économique sont compatibles avec les objectifs sociaux du parti. Cette divergence illustre les tensions qui traversent les rangs travaillistes sur la stratégie climatique et industrielle.

La réforme électorale en toile de fond

Un autre sujet de discussion a été la réforme du mode de scrutin. Andy Burnham a réitéré sa position de longue date en faveur d'un changement du système majoritaire uninominal à un tour (first-past-the-post), qu'il juge responsable d'une « démocratie appauvrie » favorisant les calculs partisans au détriment de la résolution des problèmes concrets. Lors de la campagne pour la législative partielle de Makerfield, il avait déclaré sur les ondes d'une radio régionale : « Je pense qu'il est nécessaire de réformer le système électoral pour permettre moins d'opposition stérile et plus de recherche de solutions. »

Huit des onze syndicats affiliés au Labour ont inscrit la réforme proportionnelle dans leurs statuts, ce qui renforce la pression sur Burnham pour qu'il en fasse une priorité législative.

Un calendrier serré

Burnham reste pour l'instant le seul candidat déclaré à la direction du parti. Si aucun autre postulant ne se manifeste d'ici la clôture des candidatures, il pourrait être automatiquement désigné et devenir Premier ministre dès le 20 juillet. Toutefois, la consolidation du soutien syndical demeure une étape indispensable pour verrouiller sa nomination et préparer une transition gouvernementale sans accroc. Dans les prochains jours, il devrait multiplier les consultations bilatérales avec les différentes fédérations professionnelles pour affiner son programme de dévolution et apaiser les craintes liées à la politique énergétique.