Andy Burnham, maire du Grand Manchester, a officialisé ce jeudi son projet de créer un « No 10 North », un bureau exécutif basé dans le nord de l’Angleterre, marquant une rupture avec la centralisation londonienne. Cette annonce, faite lors d’un discours à Manchester, s’accompagne d’une promesse de vaste dévolution des pouvoirs depuis Westminster vers les collectivités locales, les villes et les nations qui composent le Royaume-Uni.

Un plan de dévolution inédit

Le projet de Burnham prévoit un transfert significatif de compétences, notamment en matière de logement, de transports, de santé et d’éducation. Il propose que les régions, les villes et les communautés locales gagnent une autonomie substantielle pour décider de leurs priorités, réduisant ainsi l’emprise du gouvernement central. Ce plan inclut également la création d’un fonds de développement régional doté de plusieurs milliards de livres, destiné à financer des infrastructures clés dans les zones aujourd’hui délaissées.

Un « No 10 North » comme symbole

L’installation d’un bureau exécutif dans le nord, baptisé « No 10 North », vise à ancrer la présence gouvernementale hors de Londres et à symboliser un rééquilibrage géographique du pouvoir. Burnham a expliqué que ce lieu servirait de base pour les décisions stratégiques touchant les régions, mais aussi pour des réunions ministérielles régulières, afin de rapprocher l’administration des citoyens.

Réactions et critiques

Le projet a suscité des réactions contrastées. Certains élus locaux, notamment dans le nord et les Midlands, ont salué une initiative de longue date qui répond à un déséquilibre historique. D’autres, en revanche, ont exprimé des doutes sur la faisabilité d’un tel transfert, évoquant des coûts importants et des obstacles administratifs. Des analystes politiques notent que cette proposition place Burnham en position de challenger direct de la ligne traditionnelle du Labour, mais aussi des Conservateurs, qui prônent un contrôle central renforcé.

Un calendrier ambitieux

Burnham a fixé un calendrier pour la mise en œuvre de son plan, espérant que les premières étapes, notamment la création d’un ministère de la Décentralisation, puissent être lancées dans les deux premières années suivant une éventuelle arrivée au pouvoir. Il a également précisé que ce projet serait au cœur de son programme pour la direction du Parti travailliste, confirmant son intention de se porter candidat à la succession de Keir Starmer.

Contexte et soutiens

Le maire du Grand Manchester bénéficie d’un capital de sympathie important dans le nord de l’Angleterre, où il a géré la pandémie de Covid-19 et les crises de transport. Son discours s’inscrit dans une période où le débat sur la centralisation londonienne est ravivé par les difficultés économiques des régions. Plusieurs économistes et universitaires ont apporté leur soutien à l’idée, arguant que la dévolution pourrait stimuler la croissance et réduire les inégalités territoriales.

Implications politiques

Ce plan pourrait redessiner le paysage politique britannique en posant la question du modèle de gouvernance. Si Burnham parvient à rassembler un large consensus autour de sa proposition, il pourrait forcer les autres candidats à la tête du Labour à adopter une position similaire. À l’inverse, un échec de ce projet pourrait affaiblir sa crédibilité sur un thème qu’il a fait sien depuis plusieurs années.