Téhéran a durci sa position dimanche en avertissant les navires que toute tentative de contourner le couloir de transit imposé par l'Iran dans le détroit d'Ormuz risquerait d'« accroître les tensions » régionales. Cette déclaration intervient alors que des échanges de tirs se multiplient entre les forces iraniennes et américaines, et que la crise humanitaire s'aggrave pour les marins bloqués.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé qu'« aucune autre institution ni aucun autre pays » que l'Iran n'est responsable de la gestion du détroit, rejetant ainsi l'initiative d'Oman qui avait annoncé, avec le soutien de l'ONU, l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire. Selon des informations officielles, des dizaines de bateaux ont déjà emprunté cet itinéraire ces derniers jours pour évacuer les équipages et les navires bloqués depuis des mois.
Frappes et représailles
Les hostilités se sont intensifiées depuis jeudi, lorsque deux navires ont été endommagés par des projectiles dans les eaux proches d'Oman. L'armée américaine a attribué ces attaques à l'Iran et a riposté en bombardant des positions iraniennes deux jours de suite. En réponse, Téhéran a lancé des missiles et des drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn. Les autorités qataries ont annoncé qu'un de leurs ressortissants avait été tué par des éclats d'obus tombés sur son embarcation, en lien direct avec les « opérations militaires dans la région ». Aucun bilan supplémentaire n'a été communiqué.
Une reprise fragile du trafic
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport d'hydrocarbures, avait été rouvert après la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis le 17 juin. Mais Téhéran n'autorise qu'un seul couloir de passage, longeant ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. Cette position unilatérale complique les efforts de l'ONU pour évacuer les milliers de marins encore bloqués dans la zone.
La mort du citoyen qatari et les tirs contre le Koweït et Bahreïn élargissent le conflit au-delà des seuls États-Unis et Iran, impliquant désormais plusieurs monarchies du Golfe. Aucune annonce officielle n'a été faite sur une possible désescalade, et la situation reste très tendue dans cette voie d'eau vitale pour le commerce mondial de l'énergie.