L'opérateur électrique français a procédé à l'arrêt d'un deuxième réacteur nucléaire situé dans le département de l'Aube, une mesure destinée à éviter un réchauffement excessif de la Seine. Cette décision intervient alors qu'une canicule touche une partie du territoire et que des restrictions de production étaient déjà anticipées pour plusieurs sites.

Des arrêts pour respecter la réglementation environnementale

Les centrales nucléaires utilisent l'eau des cours d'eau pour le refroidissement de leurs installations. En période de fortes chaleurs, la température des fleuves peut atteindre des niveaux tels que le rejet d'eau réchauffée risquerait de dépasser les seuils fixés par la réglementation, conçue pour protéger la faune et la flore aquatiques. EDF est alors contrainte de réduire, voire d'interrompre, la production de certains réacteurs.

Dans ce contexte, un second réacteur de la centrale de l'Aube a été mis à l'arrêt. L'arrêt de la production permet d'éviter de trop réchauffer la Seine en aval. Le premier réacteur avait déjà été stoppé précédemment en raison des mêmes contraintes thermiques. L'entreprise précise que ces mesures sont temporaires et que la production reprendra dès que les conditions le permettront.

Des réductions de production envisagées sur plusieurs sites

L'entreprise d'électricité avait annoncé, quelques jours avant cet arrêt, qu'elle anticipait d'éventuelles réductions de production sur plusieurs de ses centrales nucléaires à partir du début de la semaine. Cette anticipation concernait principalement des installations situées le long du Rhône et de la Seine, deux fleuves particulièrement sensibles aux épisodes de canicule. Les prévisions météorologiques, avec des températures élevées attendues, avaient conduit EDF à préparer des scénarios de baisse de puissance ou d'arrêt temporaire pour certains réacteurs.

Un impact limité sur l'approvisionnement électrique

Malgré ces arrêts, le gestionnaire du réseau électrique estime que l'approvisionnement du pays reste garanti. La demande en électricité, bien que soutenue par l'usage accru de la climatisation, est compensée par une production hydraulique et solaire importante en période estivale. De plus, les réacteurs à l'arrêt représentent une fraction modeste de la capacité totale du parc nucléaire français. EDF assure que la situation est suivie en temps réel et que des ajustements seront faits si nécessaire.

Un phénomène récurrent

Les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents et intenses, contraignent régulièrement EDF à adapter sa production. L'été précédent, plusieurs réacteurs avaient déjà été mis à l'arrêt ou avaient vu leur puissance réduite dans les centrales du Bugey, de Saint-Alban ou encore de Golfech. L'entreprise a développé des outils de prévision et des procédures pour anticiper ces situations, mais la multiplication des vagues de chaleur pose la question de la résilience du parc nucléaire face au changement climatique.

Suivi des températures et communication aux autorités

EDF travaille en étroite collaboration avec les autorités de sûreté nucléaire et les agences de l'eau pour surveiller les températures des cours d'eau. Des mesures sont effectuées en continu en amont et en aval des centrales. L'entreprise doit justifier ses décisions d'arrêt ou de réduction de production auprès des instances de contrôle, qui veillent au respect des normes environnementales. En cas de dépassement des seuils, des sanctions pourraient être appliquées.

Perspectives

Avec le maintien de températures élevées annoncé par les services météorologiques pour les prochains jours, d'autres réacteurs pourraient être concernés par des mesures similaires. EDF se dit prête à activer tous les leviers disponibles, y compris le recours à des moyens de production alternatifs, pour garantir la sécurité du réseau électrique tout en respectant les contraintes environnementales.