La canicule qui frappe la France continue d’affecter le parc nucléaire. Un deuxième réacteur de la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) a été mis à l’arrêt afin d’éviter un réchauffement excessif de la Seine, a annoncé l’exploitant. Cette décision intervient alors que plusieurs départements sont placés en vigilance orange canicule et que les températures atteignent des niveaux records.
EDF avait prévenu dès la semaine précédente qu’elle pourrait être contrainte de réduire sa production en raison des fortes chaleurs. Les centrales nucléaires utilisent l’eau des rivières pour le refroidissement des réacteurs, mais la réglementation impose de ne pas dépasser certains seuils de température dans le milieu naturel. En période de canicule, l’eau déjà chaude rend le refroidissement moins efficace et les rejets thermiques risquent de nuire à la faune aquatique.
Deux réacteurs arrêtés dans l’Aube
Le premier réacteur de Nogent-sur-Seine avait déjà été stoppé quelques jours plus tôt pour les mêmes raisons. Avec ce nouvel arrêt, ce sont deux unités sur les quatre que compte la centrale qui sont désormais à l’arrêt. La production totale du site est donc réduite de moitié.
L’arrêt des réacteurs est une mesure préventive : en limitant le volume d’eau chaude rejetée, EDF entend respecter les limites réglementaires de température de la Seine. L’entreprise explique que la situation est suivie en temps réel et que la remise en service interviendra dès que les conditions le permettront, c’est-à-dire lorsque les températures de l’air et de l’eau auront baissé.
Un phénomène récurrent
Les停es de production liées à la chaleur ne sont pas nouvelles. Chaque été, plusieurs centrales doivent réduire leur puissance ou stopper certains réacteurs pour respecter les normes environnementales. En 2022, lors d’une canicule historique, EDF avait déjà dû arrêter plusieurs réacteurs, contribuant à une baisse de la production nucléaire nationale.
Cette année, la situation est aggravée par une sécheresse qui réduit le débit des cours d’eau, ce qui limite leur capacité à dissiper la chaleur. La centrale de Nogent-sur-Seine, située en amont de Paris, est particulièrement surveillée car elle alimente une partie de la région capitale.
Impact limité sur l’approvisionnement électrique
Malgré ces arrêts, EDF assure que l’alimentation électrique du pays n’est pas menacée. La demande en électricité est également plus faible en été qu’en hiver, et les autres moyens de production (hydroélectricité, solaire, éolien) peuvent compenser en partie. L’entreprise dispose aussi de stocks de combustible et de capacités d’importation.
Cependant, si la canicule devait se prolonger, d’autres réacteurs pourraient être concernés. Les centrales situées sur le Rhône, la Garonne ou la Loire sont également soumises à des contraintes thermiques. EDF a mis en place des cellules de veille dans chaque site pour anticiper les besoins.
Des critiques sur la gestion de l’eau
Des associations environnementales dénoncent régulièrement l’impact des rejets thermiques des centrales nucléaires sur les écosystèmes aquatiques. Elles réclament des mesures plus strictes, notamment en période de canicule. EDF répond que les seuils fixés par l’Autorité de sûreté nucléaire sont déjà très protecteurs et que les arrêts préventifs montrent l’engagement de l’entreprise à respecter la réglementation.
L’épisode actuel relance le débat sur l’adaptation du parc nucléaire au changement climatique. Alors que la France mise sur le nucléaire pour sa transition énergétique, lesépisodes de forte chaleur risquent de devenir plus fréquents et plus intenses, ce qui pourrait contraindre EDF à revoir ses procédures de refroidissement, voire à investir dans des technologies alternatives.