Avec 43 % des suffrages exprimés, Abelardo de la Espriella a pris la tête du scrutin à l'issue du dépouillement de 99 % des bulletins. Le sénateur Ivan Cepeda recueille environ 40 % des voix, soit un écart de plus de 600 000 suffrages. Aucun des deux n'ayant atteint la majorité absolue, ils devront se départager lors d'un second tour prévu le 21 juin.
Homme d'affaires n'ayant jamais exercé de mandat électif, de la Espriella a construit sa campagne sur un discours sécuritaire, imitant le style du président argentin Javier Milei. Il a su capitaliser sur les craintes des électeurs face à la criminalité. Cepeda, figure connue de la vie politique colombienne, est sénateur depuis 2014. Son père, dirigeant du Parti communiste colombien, a été assassiné en 1994 dans un contexte de violence politique.
Le parcours de Cepeda a été marqué par une longue bataille judiciaire avec l'ancien président Alvaro Uribe, qu'il accusait de complicité avec des groupes paramilitaires. Uribe avait intenté un procès en diffamation, mais la Cour suprême avait finalement classé l'affaire et ouvert une enquête pour subornation de témoins à l'encontre d'Uribe. Ce dernier a été reconnu coupable et condamné à douze ans d'assignation à résidence en août 2025, avant que la cour d'appel n'annule ce verdict en octobre suivant pour des vices de procédure.
Les sondages réalisés avant le scrutin donnaient Cepeda en tête, avec plus de 33 % d'intentions de vote contre 30,9 % pour son rival, selon une enquête du Centre national de conseil (CNC) publiée le 24 mai. Mais de la Espriella a bénéficié d'une dynamique de dernière minute, portée par les inquiétudes sécuritaires. Le second tour s'annonce serré, avec deux visions radicalement opposées de la société colombienne.