L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a dévoilé le 8 juin ses dernières projections démographiques pour la France. Le scénario central envisagé par l’institut dessine une population qui atteindrait un maximum de 69,8 millions d’habitants en 2037, avant d’amorcer un recul continu pour s’établir à environ 65,9 millions en 2070. Ce dernier chiffre représente un niveau comparable à celui de 2014.
Un solde naturel négatif dès 2025
Selon les hypothèses retenues par l’Insee, le solde naturel — la différence entre les naissances et les décès — deviendrait négatif dès 2025, marquant une inversion de tendance durable. Par la suite, même si le solde migratoire reste positif, estimé en moyenne à 150 000 personnes par an, il ne parviendrait plus, à partir de 2037, à compenser le déficit naturel. La croissance démographique ne serait alors plus assurée.
Un vieillissement inexorable
L’institut souligne que, si le recul global de la population demeure une hypothèse, le vieillissement de la société est quant à lui certain. La part des personnes âgées de 65 ans ou plus passerait de 22 % actuellement à 32 % en 2070. En valeur absolue, leur nombre grimperait de 15,3 millions en 2026 à 21,1 millions. Les moins de 20 ans deviendraient nettement minoritaires.
Cette évolution résulte de l’allongement continu de l’espérance de vie et de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom dans les classes d’âge élevées. La progression serait particulièrement forte chez les plus âgés : les 80 ans ou plus constitueraient la catégorie la plus dynamique, tandis que le nombre de centenaires pourrait être multiplié par quatre pour atteindre 160 000 (contre environ 37 000 aujourd’hui), même s’ils ne représenteraient que 0,24 % de la population.
Fécondité et espérance de vie : les hypothèses retenues
Pour établir ces projections, l’Insee table sur une poursuite de la baisse de la fécondité, avec un indicateur conjoncturel attendu à 1,45 enfant par femme en 2028. Parallèlement, l’espérance de vie continuerait d’augmenter. Ces deux tendances conjuguées expliquent en grande partie le basculement démographique anticipé.
Ce scénario, s’il se réalise, aura des implications profondes sur le marché du travail, le financement des retraites, la protection sociale et l’aménagement du territoire. Le vieillissement de la population étant présenté comme inéluctable, les pouvoirs publics sont d’ores et déjà confrontés à la nécessité d’anticiper ces transformations.