Un bras de fer autour du détroit d'Ormuz

Le statut du détroit d'Ormuz reste confus ce dimanche 21 juin 2026, au lendemain d'annonces contradictoires émanant des autorités iraniennes et américaines. Téhéran a officiellement déclaré la fermeture de cette voie maritime cruciale pour le transport pétrolier et gazier, tandis que Washington assure que la circulation y est maintenue.

Samedi, la marine iranienne, par la voix des Gardiens de la révolution, a annoncé l'interdiction du passage pour tout navire s'approchant du détroit, invoquant une rupture présumée de l'accord de cessez-le-feu préliminaire signé la semaine précédente. Selon Téhéran, les États-Unis n'auraient pas respecté leur engagement de contenir les actions militaires israéliennes contre le Hezbollah au Liban.

Des données de trafic contradictoires

En réaction, le commandement central américain (Centcom) a fermement démenti cette fermeture. « L'Iran ne contrôle pas le détroit d'Ormuz. Le trafic continue de circuler et les forces américaines surveillent la situation pour garantir que cela reste le cas », a déclaré le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Centcom.

Selon des données de suivi maritime limitées aux navires ayant activé leur transpondeur, une baisse significative des traversées a été observée ce dimanche. La société d'intelligence maritime Windward a fait état de seulement douze transits enregistrés dans la journée, en net recul par rapport à la veille. Le cabinet Ambrey a également relevé que « les Iraniens maintiennent que le détroit est fermé à nouveau, bien qu'aucune attaque n'ait eu lieu ».

La version américaine

De son côté, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a affirmé que soixante-sept bâtiments avaient franchi le détroit au cours des dernières vingt-quatre heures, en empruntant une voie de navigation située au sud du chenal principal, que l'armée américaine aurait aidé à sécuriser. Le président Donald Trump, interrogé par une chaîne de télévision, a indiqué avoir prévenu des responsables iraniens lors d'un échange nocturne : « Vous fermez et vous n'aurez plus de pays. »

Un enjeu dans les négociations en Suisse

Ces développements surviennent alors que le vice-président JD Vance conduit une délégation américaine en Suisse pour de nouvelles discussions avec les représentants iraniens. Le détroit d'Ormuz, qui assurait avant le conflit le transit d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, demeure l'un des points les plus sensibles des pourparlers.

Selon les analystes, l'incertitude domine. Les navires qui traversent le font souvent transpondeurs éteints pour éviter d'être repérés, signe d'une « hésitation » qui « est de retour dans un corridor déjà imprévisible », selon Windward. Le Centcom a indiqué que cinquante-cinq navires commerciaux avaient transité le détroit samedi, soit le chiffre le plus élevé en une journée depuis le début de la guerre, mais encore loin de la moyenne quotidienne d'avant-guerre qui s'élevait à cent trente bâtiments.