Prudence persistante dans le détroit d'Ormuz
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, voie essentielle pour le transport pétrolier et gazier, demeure très limité ce mardi, malgré l'annonce d'un accord préliminaire de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Les compagnies de navigation accueillent l'accord avec une grande circonspection et préviennent qu'elles auront besoin de davantage d'informations et de garanties sécuritaires avant de reprendre leurs activités dans cette zone stratégique.
Un accord préliminaire aux contours encore flous
L'Iran a déclaré mardi que les négociations sur un accord de paix permanent avec les États-Unis débuteraient immédiatement après la signature de l'accord préliminaire prévue vendredi. Le président américain Donald Trump a réaffirmé, lors du sommet du G7 en France, que ce texte empêche l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire. « L'Iran n'aura jamais d'arme nucléaire. Cela est dit haut et fort », a-t-il déclaré. L'accord préliminaire prévoit un nouveau cessez-le-feu de 60 jours ainsi que la réouverture du détroit d'Ormuz. Cependant, son contenu n'a pas été rendu public et les divergences les plus épineuses, notamment sur l'avenir du programme nucléaire iranien, ont été renvoyées à de futures négociations.
Le déminage, une étape cruciale
La reprise du trafic dépendra également de la rapidité avec laquelle les mines présentes dans le détroit pourront être localisées et neutralisées. Le président Trump a sollicité l'aide des membres du G7 pour ces opérations de déminage. Par ailleurs, la production énergétique devrait prendre du temps pour revenir à ses niveaux d'avant-guerre, en raison des efforts nécessaires pour rétablir la production et réparer les infrastructures endommagées.
Des exigences israéliennes et des tensions régionales
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi s'attendre à un retrait immédiat des forces israéliennes du Liban et à la cessation de leurs attaques dans ce pays. Israël a indiqué que ses troupes resteraient au Liban, où elles ciblent la milice chiite Hezbollah soutenue par l'Iran, et a poursuivi ses frappes depuis l'annonce de l'accord de cessez-le-feu. M. Trump a exhorté le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à « être plus responsable envers le Liban », suggérant que la Syrie serait plus efficace pour traiter la menace du Hezbollah. Aucune indication ne suggère une implication militaire syrienne dans ce conflit de longue date.
Impact sur les marchés pétroliers
Le prix du pétrole brut Brent, référence mondiale, a chuté de plus de 2,5 % mardi, atteignant son plus bas niveau depuis la mi-mars. Il reste néanmoins supérieur de plus de 10 % à son niveau précédant l'attaque américano-israélienne contre l'Iran du 28 février. Cette baisse reflète en partie l'espoir d'une reprise prochaine des flux énergétiques via le détroit.
Réactions politiques mitigées
Sur le plan politique, certains sénateurs américains se sont montrés réticents à saluer l'accord sans en connaître les termes. Des républicains, dont le leader de la majorité John Thune et le sénateur Lindsey Graham, proche du président, ont exprimé leur prudence. La signature formelle de l'accord préliminaire est attendue vendredi, mais de nombreuses inconnues subsistent quant aux conditions de sa mise en œuvre et à la reprise effective du trafic maritime.