Plus de 11 000 marins, bloqués depuis le début du conflit au Moyen-Orient, vont enfin pouvoir quitter la zone du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est paralysé depuis quatre mois. L'opération d'évacuation, annoncée et coordonnée par l'Organisation des Nations unies, a officiellement débuté, ont indiqué des sources officielles.

Cette manœuvre logistique d'envergure, qualifiée d'« hors norme » par les responsables, devrait s'étendre sur « plusieurs semaines ». Deux routes provisoires ont été établies le long des côtes iranienne et omanaise pour permettre le transit des équipages.

Plusieurs dizaines de marins de nationalité française figurent parmi les personnes concernées, a précisé un syndicat. Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole, est au cœur des tensions régionales depuis l'escalade militaire entre l'Iran, les États-Unis et Israël.

Une situation humanitaire préoccupante

Depuis le début du blocus, quelque 500 navires sont restés immobilisés dans cette zone. La paralysie du trafic a contraint les équipages à des conditions de vie difficiles, avec des approvisionnements limités en eau, nourriture et soins médicaux. L'évacuation ordonnée par l'ONU vise à répondre à cette situation humanitaire devenue critique.

L'agence onusienne chargée de la sécurité en mer supervise l'ensemble des opérations. Les autorités iraniennes et omanaises ont été associées à la mise en place des couloirs d'évacuation temporaires, qui longent leurs côtes respectives.

Un contexte géopolitique toujours tendu

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole, est devenu un point de friction majeur. Si plusieurs pétroliers ont réussi à franchir le passage au cours des dernières semaines, notamment après l'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis, le trafic reste « atone », selon les observateurs.

L'évacuation massive des marins intervient alors que la production pétrolière irakienne, menacée par le blocage, pourrait retrouver son niveau d'avant-guerre dans les deux prochains mois. Le rétablissement progressif des traversées, bien que fragile, laisse entrevoir une possible normalisation.

Les syndicats maritimes et les organisations humanitaires avaient multiplié les appels à une intervention internationale pour secourir les équipages. Cette opération répond pour l'instant à l'urgence, sans résoudre le problème plus large de la liberté de navigation dans cette zone stratégique.