Trois pétroliers de la compagnie nationale iranienne (NITC), chargés d’environ 4,8 millions de barils de pétrole brut, ont traversé le détroit d’Ormuz au cours des dernières heures, selon un service de suivi maritime spécialisé. Cette circulation constitue les premières exportations de pétrole iranien depuis deux mois, a indiqué le même observateur.

La télévision d’État iranienne avait auparavant annoncé la reprise du trafic des pétroliers battant pavillon iranien. Ce mouvement intervient alors que les États-Unis et l’Iran doivent signer vendredi un accord-cadre destiné à mettre fin au conflit armé ouvert fin février.

Levée du blocus américain

Selon la diplomatie iranienne, le blocus maritime imposé par Washington le 13 avril sur les ports iraniens a été levé. Cette mesure américaine était une réponse au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran depuis le début des hostilités. Le détroit, passage stratégique pour le transport maritime mondial de pétrole, avait été quasi paralysé, provoquant une flambée des prix du brut.

Le président américain a évoqué une réouverture complète du détroit pour vendredi. La levée progressive des restrictions a déjà eu un effet sur les marchés : le baril de Brent, référence internationale, est tombé mardi sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis mars. Mercredi, il s’échangeait à 78,71 dollars, en léger repli.

Un accord « très général » d’une page et demie

Les négociations menées ces dernières semaines ont abouti à un texte qualifié de « très général » par le vice-président américain JD Vance, qui en a décrit la portée comme courte, « une page et demie ». Les détails concrets sur les sanctions et le programme nucléaire iranien ne sont pas encore rendus publics.

Les discussions ont été marquées par des revirements multiples de l’administration américaine avant de parvenir à une entente sur les grandes lignes. La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Célébrations à Bagdad

L’annonce de l’accord a déclenché des scènes de liesse dans certaines capitales régionales. À Bagdad, des jeunes ont défilé en véhicules en brandissant des drapeaux irakiens, iraniens, libanais et du Hezbollah, selon des images diffusées après l’officialisation de l’entente.

La reprise des exportations pétrolières iraniennes constitue un premier signal tangible de la normalisation progressive du trafic dans cette voie d’eau essentielle, où les tensions avaient culminé avec des tirs iraniens contre des navires début juin.