Plus de cinq cents navires restent bloqués au large de l’Iran, tandis que seulement 25 bâtiments ont traversé le détroit d’Ormuz lors de la journée de jeudi. Ce constat, dressé à partir des informations de la plateforme Kpler, illustre la reprise timide mais encore fragile du trafic maritime dans cette voie stratégique, depuis la conclusion d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.
Une reprise en dents de scie
Entre le 14 et le 18 juin, au total, 77 navires ont emprunté le détroit d’Ormuz. Ce chiffre, bien que modeste comparé au volume habituel, marque une rupture avec les semaines précédentes, marquées par un quasi-blocage. Le 18 juin, une journée particulièrement active a vu 25 passages, ce qui représente une accélération notable. Pourtant, les données de Kpler indiquent que plus de 500 bâtiments restent en attente, principalement au large des côtes iraniennes, sans pouvoir entrer ou sortir du golfe Persique.
Ce déblocage progressif fait suite à la signature, dans les jours précédents, d’un protocole d’accord entre l’administration américaine et les autorités iraniennes. Ce texte, dont les termes précis n’ont pas été rendus publics dans leur intégralité, a permis une première levée des tensions qui paralysaient la circulation maritime depuis plusieurs semaines.
Un fragile équilibre
Les analystes de Kpler soulignent que la dynamique observée est positive, mais demeure vulnérable. Les armateurs, prudents, n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’activité d’avant-crise. La majorité des navires en attente sont des pétroliers et des méthaniers, dont le transit est crucial pour l’approvisionnement énergétique mondial. Un porte-parole de l’armement français, interrogé sur la situation, a confirmé que « les conditions de sécurité ne sont pas encore totalement réunies pour un retour à la normale ».
Par ailleurs, le passage de plusieurs navires, dont un méthanier battant pavillon français, a été observé dans les jours qui ont suivi l’accord. Ces traversées, bien que symboliques, n’ont pas suffi à rassurer l’ensemble des opérateurs maritimes, qui restent attentifs aux évolutions diplomatiques et militaires dans la région.
Des perspectives incertaines
Si le nombre de passages quotidiens augmente légèrement, les experts préviennent que la situation reste précaire. Le déblocage dépendra de la capacité des deux parties à maintenir le dialogue et à éviter de nouveaux incidents. En l’absence de garanties solides, les assureurs maritimes continuent d’exiger des primes élevées, ce qui freine la reprise du trafic. Les autorités iraniennes, de leur côté, n’ont pas communiqué officiellement sur le calendrier de levée des restrictions.
En attendant, les plus de 500 navires bloqués, chargés de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié, constituent un enjeu économique et diplomatique majeur. La levée progressive de l’engorgement du détroit d’Ormuz, point de passage de près d’un tiers du commerce pétrolier mondial, est scrutée de près par les marchés financiers et les gouvernements.
Conclusion
La reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz, bien que réelle, reste limitée. Les 77 passages enregistrés sur cinq jours ne représentent qu’une fraction des volumes habituels, et plus de 500 navires demeurent immobilisés. L’issue de cette crise dépendra de la consolidation de l’accord entre Washington et Téhéran, ainsi que de la confiance retrouvée des acteurs maritimes.