Un premier méthanier français franchit le détroit

Un navire transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) et arborant le pavillon français a été observé quittant le golfe Persique jeudi, selon des données issues de plateformes de suivi maritime. Cette traversée constitue une première depuis la signature, mercredi soir, du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran. Le transit, qui s'est déroulé sans incident, marque un pas supplémentaire dans la reprise progressive du trafic sur cette voie stratégique.

Un trafic en hausse mais encore très loin de la normale

Jeudi, vingt-cinq navires commerciaux ont franchi le détroit d'Ormuz, d'après des données de la société de suivi maritime AXSMarine publiées vendredi. Ce nombre est le plus élevé en une seule journée depuis le 18 avril, date à laquelle une brève fenêtre de réouverture avait été observée. Parmi ces bâtiments figuraient des pétroliers iraniens ainsi que des supertankers saoudiens, les premiers de cette nationalité à transiter depuis le début du conflit.

Le vice-président américain a confirmé, jeudi, la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Il a précisé que les forces américaines avaient « laissé plus d'une douzaine de bateaux passer », facilitant le transit de 12,5 millions de barils de pétrole en une journée. En période de paix, le détroit voyait transiter quotidiennement environ 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers, selon l'Agence internationale de l'énergie. Le trafic actuel représente donc un peu plus de la moitié de ce volume.

Les prix du pétrole se stabilisent

Les cours du pétrole se sont stabilisés sous la barre des 80 dollars le baril, après avoir atteint plus de 110 dollars durant le conflit. Des analystes financiers notent que « les cours du pétrole ont chuté de près de 25 % en un peu plus d'une semaine à la suite de la percée dans les négociations États-Unis/Iran », mais que « la normalisation n'est pas complètement effective ». La reprise ne se limite pas au pétrole, comme en témoigne le passage du méthanier français.

Des inquiétudes subsistent

Malgré ces signes positifs, l'activité maritime demeure très éloignée des chiffres d'avant-guerre. Environ 120 transits quotidiens étaient alors en moyenne recensés, selon le site d'information maritime Lloyd's List. Le report du début des négociations entre Téhéran et Washington, initialement prévu ce vendredi en Suisse, ajoute à l'incertitude. Par ailleurs, les bombardements israéliens se poursuivent au Liban. « À moins d'une reprise du dialogue diplomatique, les acteurs du secteur maritime seront confrontés à une incertitude persistante », souligne un analyste du secteur.

Des armateurs prudents

Les armateurs et les compagnies pétrolières restent extrêmement prudents. La reprise du trafic pourrait prendre plusieurs mois, selon plusieurs observateurs. La priorité est donnée à la sécurité des équipages et des cargaisons, dans un contexte géopolitique encore instable. Le franchissement du détroit par le méthanier français est perçu comme un test, mais ne préjuge pas d'une normalisation rapide et complète de la situation.