Alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz avait atteint son plus haut niveau depuis le début de la guerre américano-iranienne, une série de frappes ces trois derniers jours compromet la reprise amorcée après l’accord de cessez-le-feu préliminaire. L’Organisation maritime internationale (OMI) a d’ailleurs interrompu ses opérations d’évacuation des centaines de navires bloqués dans le golfe Persique.
Nouvelles frappes entre les deux camps
L’escalade a commencé jeudi 25 juin lorsqu’un porte-conteneurs, l’Ever Lovely, a été visé par des tirs en provenance d’Iran alors qu’il transitait par le détroit. En représailles, les forces américaines ont mené une frappe contre l’Iran vendredi. Samedi 27 juin, Bahreïn, allié des États-Unis dans la région, a annoncé avoir été la cible de drones iraniens, une action présentée comme une réponse à l’attaque américaine de la veille. Ces événements montrent que les deux parties sont prêtes à recourir à la force militaire pour prendre l’avantage dans le détroit.
Trafic en hausse puis nouvelle menace
Depuis la signature de l’accord de paix préliminaire, il y a un peu plus d’une semaine, le nombre de traversées quotidiennes du détroit d’Ormuz avait augmenté pour atteindre des niveaux inédits depuis le début du conflit. Cette reprise fragile est aujourd’hui remise en cause par les récentes hostilités. « Le transport maritime est littéralement pris dans un tir croisé alors que les États-Unis et l’Iran se battent pour le contrôle du détroit d’Ormuz, » a déclaré Michelle Wiese Bockmann, analyste chez Windward, société de renseignement maritime. « Cela ne fait guère pour restaurer la confiance que la sécurité et la sûreté peuvent être garanties pour sortir les navires coincés. »
Évacuations suspendues
Sous l’effet de l’attaque iranienne contre l’Ever Lovely, l’OMI a mis un terme à l’initiative qu’elle coordonnait pour évacuer les nombreux navires bloqués dans le golfe Persique. Cette suspension aggrave l’incertitude pour les opérateurs maritimes, déjà réticents à naviguer dans la zone. Plusieurs compagnies continuent de manifester leur méfiance à l’égard de ce passage stratégique, vital pour les exportations de pétrole et de gaz de la région.
Perspectives incertaines
Alors que l’administration américaine et le gouvernement iranien avaient conclu un accord verbal pour rouvrir le détroit, les récents échanges de tirs démontrent la fragilité de l’entente. Les observateurs estiment que la confiance nécessaire au retour à une navigation normale est encore loin d’être acquise. Le détroit d’Ormuz demeure une zone de tension extrême, où la reprise du trafic reste suspendue à une désescalade militaire durable.