Moins d’un mois après la signature d’un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, l’édifice semble déjà s’effriter. Le président américain a déclaré, mercredi 8 juillet lors du sommet de l’OTAN à Ankara, que la trêve était « finie », après une série d’échanges de tirs entre les deux parties. Cette annonce marque un net retour en arrière dans un processus de paix dont les fragilités étaient apparues dès la signature du mémorandum d’entente, mi-juin, qui éludait les questions centrales du programme nucléaire et des missiles iraniens.

Des menaces d’escalade militaire

Dans la foulée de cette déclaration, le chef de l’exécutif américain a proféré de nouvelles menaces à l’encontre de l’Iran, évoquant la possibilité de lancer des « opérations de combat majeures ». Selon des propos rapportés depuis Ankara, il a notamment envisagé de prendre le contrôle d’une île iranienne clé dédiée au traitement du pétrole, ainsi que d’attaquer les infrastructures et les usines de dessalement du pays. Il a toutefois nuancé ses propos en indiquant qu’il hésitait le plus à frapper ces installations de dessalement, tout en précisant qu’il n’envisageait pas un retour à une guerre de grande envergure.

Un cessez-le-feu mal assemblé

Ce nouvel accès de tension intervient alors que la trêve, conclue après d’âpres négociations, n’avait jamais réussi à dépasser des divergences fondamentales. Le mémorandum, long de quatorze paragraphes, avait été rédigé dans l’urgence afin de permettre au dirigeant américain d’afficher une avancée diplomatique, mais il contournait les enjeux les plus épineux : le programme nucléaire iranien, le développement de ses missiles balistiques, le soutien de Téhéran à des groupes qualifiés de terroristes par Washington, ainsi que la répression interne en Iran. Les observateurs avaient alors souligné que l’hypothèse d’un adversaire privilégiant les intérêts économiques à l’idéologie révolutionnaire — calquée sur l’expérience du promoteur immobilier — était erronée.

Des options limitées pour Washington

Face à l’échec de la trêve, la Maison-Blanche se retrouve dans une situation délicate, avec peu de choix satisfaisants. Le rétablissement du blocus naval des ports iraniens, une mesure déjà tentée en avril sans provoquer l’effondrement économique escompté, reste une option, mais elle exigerait un maintien prolongé des forces américaines dans la région. Par ailleurs, une nouvelle offensive terrestre ou aérienne d’envergure dispose d’un faible soutien dans l’opinion publique et suscite des inquiétudes chez les alliés républicains du président, à moins de quatre mois des élections de mi-mandat. La direction iranienne, consciente de ces contraintes et de la réticence du président américain à reproduire l’escalade du printemps, pourrait chercher à tirer parti de cette fenêtre.

Un dialogue au point mort

Alors que Washington exhortait ces dernières semaines Téhéran à revenir à la table des négociations, la position iranienne est restée inflexible sur les questions liées au détroit d’Ormuz et au programme nucléaire. La déclaration de rupture du cessez-le-feu par le président américain semble enterrer pour l’instant toute perspective de règlement négocié. Les chancelleries internationales suivent avec inquiétude l’évolution de ce dossier, qui menace la stabilité du golfe Persique et les flux pétroliers mondiaux.