Le paysage du rachat d’EasyJet connaît un rebondissement majeur. Alors qu’un accord semblait en bonne voie avec le fonds d’investissement américain Castlelake, une proposition concurrente émanant d’Apollo Global Management a relancé les hostilités. Cette nouvelle offre, dont le montant exact n’a pas été divulgué, dépasse les 5,5 milliards de livres sterling que Castlelake était prêt à débourser pour s’emparer du contrôle de la compagnie aérienne low-cost.
Retrait du soutien à Castlelake
Le conseil d’administration d’EasyJet, qui avait précédemment recommandé l’offre de Castlelake à ses actionnaires, a fait savoir qu’il retirait cette recommandation. Dans un communiqué, la société a indiqué que la proposition d’Apollo était « susceptible de conduire à une offre sensiblement supérieure » à celle de son rival. Les actionnaires sont donc invités à ne pas donner suite à l’offre de Castlelake dans l’attente de précisions sur la nouvelle proposition.
Une offre qui dépasse les 5,5 milliards
Si les termes exacts de la proposition d’Apollo restent confidentiels, plusieurs sources proches du dossier évoquent une valorisation qui pourrait atteindre ou dépasser les 6 milliards de livres. Cette somme représenterait une prime significative par rapport aux 5,5 milliards de livres – soit environ 560 pence par action – déjà jugés insuffisants par certains actionnaires d’EasyJet. Ces derniers réclamaient en effet un prix plus élevé pour céder le contrôle de la compagnie.
Contexte de surenchère
Ce nouvel épisode intervient après plusieurs mois de tractations entre EasyJet et Castlelake. Le fonds américain avait déjà vu trois de ses offres – dont une à 4,74 milliards de livres – rejetées par le conseil d’administration, avant qu’un accord de principe ne soit finalement trouvé sur la base de 5,2 milliards début juillet. Les actionnaires les plus exigeants avaient alors fait monter les enchères en conditionnant leur soutien à un prix de 5,3 milliards de livres. Castlelake avait finalement relevé son offre à 5,5 milliards pour emporter l’adhésion du conseil. Aujourd’hui, l’entrée en lice d’Apollo remet en cause l’ensemble du processus.
Réactions des parties prenantes
Ni Castlelake ni Apollo n’ont officiellement commenté ces développements. De son côté, EasyJet a précisé qu’elle examinait la proposition d’Apollo « de manière approfondie » et qu’elle fournirait des mises à jour « en temps utile ». La compagnie a également rappelé qu’il n’y avait aucune certitude qu’une offre formelle soit finalement déposée par Apollo, mais que le conseil se devait de prendre en compte toute proposition susceptible de créer de la valeur pour les actionnaires.
Implications pour l’avenir d’EasyJet
Cette surenchère témoigne de l’attrait que représente EasyJet pour les grands fonds d’investissement, séduits par le potentiel de redressement du secteur aérien post-pandémie et par la solidité de la marque. Le transporteur low-cost, basé à Luton, est l’une des compagnies les plus importantes d’Europe, avec un réseau dense de liaisons court-courriers. Si l’offre d’Apollo aboutissait, elle marquerait un changement de propriétaire majeur pour une entreprise qui a longtemps résisté aux approches de rachat.
Les regards sont désormais tournés vers Castlelake, qui pourrait être tenté de répliquer par une nouvelle surenchère pour ne pas laisser échapper la cible. Le fonds dispose d’un délai légal pour revoir sa position, mais il pourrait aussi choisir de jeter l’éponge si le prix devenait trop élevé. En attendant, le titre EasyJet continue d’être suspendu de cotation à la Bourse de Londres, dans l’attente d’une clarification sur l’issue de cette bataille boursière.